Cahiers de cinéma - Entrée #16…

Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2013) de Philippe de Chauveron
Mauvaise foi
Any customer can have a car painted any colour that he wants so long as it is black.” Le couple Verneuil pourrait faire sienne la citation d’Henry Ford, dans une version révisée et adressée à ses 4 filles : épousez qui vous voulez, du moment qu’il soit blanc, français “de souche” et catholique. Les 3 aînées sont allées à l’encontre, laissant à la benjamine la charge de rassurer des parents légèrement racistes. Ce qu’elle ne fera évidemment pas, s’étant entichée de Charles, catholique mais noir africain. Dans ces conditions, les présentations, l’annonce et la préparation du futur mariage promettent d’être tendues… C’est le pitch de cette comédie qui a achevé sa carrière au-delà des 12 millions d’entrées. Facture télévisuelle, empilement de vannes en guise de scénar et casting d’humoristes : ça n’a pas grand chose à faire au cinéma. Mais bon, c’est souvent drôle et on échappe à la morale bon enfant au profit d’une mécanique inédite qui voit les a priori racistes rassembler les protagonistes. C’était inattendu et clairement à mettre au crédit du film. Un mot sur Christian Clavier, qui poursuit sa “sarkozysation”, bien qu’il en fasse de moins en moins (paradoxe). À l’heure du tout tactile, les Clavier sont de moins en moins pertinents…

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The Amazing Spider-Man 2
(The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un Héros) (2014) de Marc Webb
Harry, un ami qui vous veut du mal
La suite du reboot a opéré une réduction d’échelle dans ses enjeux, devenus moins planétaires et plus locaux. De la même façon, le personnage principal semble plus proche du comic, de l’esprit des premiers films de Sam Raimi, en grande partie grâce à son interprète, Andrew Garfield, la vraie bonne idée de cette nouvelle saga. On ne peut pas dire qu’on avait un besoin pressant de revoir l’homme-araignée, mais une chose est sure : c’est le cadet des soucis du cupide studio au nom qui commence par un M. Il y a de bonnes choses dans ce volet : l’amitié entre Peter et Harry Osborn (Dane DeHaan, à nouveau très convaincant) est assez joliment traitée, le personnage de Jamie Foxx est une menace vraisemblable dans l’univers de référence… En revanche, on n’échappe ni à une histoire totalement abracadabrantesque sur le géniteur de Spidey, ni à des scènes de “vol” à la con, et en vue subjective, qui ne semblent avoir d’autre intérêt que de promouvoir les produits vidéoludiques dérivés. À ce propos, la séquence des grues se détache haut la main par sa stupidité confondante. Avec Marvel, on est toujours proche du mercantile, comme en témoigne l’introduction finale de Rhino, joué par un Paul Giamatti en roue libre, qui annonce (déjà) le prochain épisode et confirme, à ceux qui en doutaient, que le studio usera cette franchise jusqu’à la corde. Ah oui, EMMA STONE, JE T’AIME ! Mais genre vraiment… Fin du message personnel, vous pouvez reprendre une lecture normale.

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Godzilla
(2014) de Gareth Edwards
Godzi pas là
Il y a 16 ans, Roland Emmerich lâchait un immense lézard irradié dans Manhattan, Jean Reno et 130 M$ par les fenêtres. Que reste-t-il de ce nanar aujourd’hui ? Le morceau emblématique de sa bande originale, “Come with me”, interprété par Puff Daddy featuring Jimmy Page, qui fait office de jingle de célébration à chaque but de l’OM inscrit au Stade Vélodrome. On s’en serait tous (à l’exception notable de ceux qui préfèrent les pétrodollars, le caviar et les cupcakes) tenus à ça, mais il a fallu que Gareth Edwards réveille la bête pour livrer une relecture d’une histoire dont tout le monde (ou presque) se contrefout. Plutôt habile niveau troll, le réalisateur s’est entouré d’acteurs solides en la personne de Bryan Cranston et Juliette Binoche, uniquement pour confier la lourde responsabilité du rôle principal à Aaron Taylor-Johnson, comédien qui serait capable d’obtenir une note négative sur une échelle de charisme qui irait de 0 à Keanu Reeves. Nice move, Gareth! Que dire d’autre ? Que les lunettes 3D, c’est pas super compatible avec la sieste et qu’on aurait préféré que le metteur en scène fasse comme son copain de prénom madrilène, qu’il prenne les millions et aille claquer des buts dans la contrée de son choix (pas le Japon, pour des raisons évidentes). Sur la musique de Come with me, tiens…

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X-Men: Days of Future Past
(2014) de Bryan Singer
Temps X
Oui, oui, c’est bien le X-Men avec Omar Sy dedans (Omar Yf). Non, il n’y sert à rien. Est-ce que c’est bien ? Bah, c’est un vrai film de Bryan Singer : absolument rien de transcendant, si ce n’est le morceau de bravoure qui met en scène Quicksilver, sorte d’écho aux arabesques de Diablo à la Maison Blanche dans l’intro d’X2. Reste le petit plaisir de la vengeance avec ce final en beau majeur levé adressé à Brett Ratner. Vivement la suite, les Y-Men, avec des blogueuses mode et des community managers

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Edge of Tomorrow
(2014) de Doug Liman
4G
Il y a un peu plus de 20 ans, Harold Ramis popularisait le concept de boucle temporelle en condamnant son héros à revivre sans cesse la même journée, celle de la marmotte. On est aux antipodes de Groundhog Day : Tom Cruise a quelques cachets de Lexomil de retard sur Bill Murray, et, surtout, la comédie à portée philosophico-existentialiste se mue ici en gargantuesque blockbuster estival. Mais pas aussi écervelé qu’il n’y parait, ce qui a permis au film d’être LA bonne surprise de la saison. C’est fun, plutôt malin dans le propos et, devinez quoi ? Tom Cruise est ENCORE parfait ! J’ai coutume de le répéter ici, mais lorsque les films dans lesquels il évolue sont mauvais, ça n’est jamais de sa faute. Va falloir que je prenne mon badge de la Tom Cruise Appreciation Society… Pour les féministes du dimanche, le personnage d’Emily Blunt est une sorte de guerrière indestructible, servant de symbole à la rébellion, crainte davantage par les individus d’origine masculine combattant à ses côtés que par les inamicaux aliens. Il y a de fortes chances que ce rôle soit pour elle synonyme de sésame Marvel, ce qui me désole au plus haut point. Mais bon, j’imagine que la voir se relever 17 fois de sa série de pompes sous la caméra de Doug Liman est une bien jolie consolation. Here’s looking at you, kid

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Transformers: Age of Extinction
(Transformers : L’Âge de l’Extinction) (2014) de Michael Bay
Optimus déprime
Savez-vous pourquoi l’on parle toujours de Jésus de Nazareth, bien qu’il soit né à Bethléem ? Parce qu’à l’époque, il écumait les rades de Galilée et passait le plus clair de son temps à raconter des blagues, passablement aviné. Elles étaient si mauvaises que ses collègues de boisson lui rétorquaient souvent “Jésus, t’es naze, arrête !” Voilà, voilà. Pourquoi est-ce que je vous offre cet intense moment de poilade ? Il est trop tard pour choquer votre tante au dîner du réveillon de Noël et attendre jusqu’à l’année prochaine s’avère bien trop long. Non, parce que j’aurais aimé que quelqu’un prévienne Michael Bay avant qu’il commette ce quatrième épisode. Go home, you’re drunk! ou quelque chose de ce goût-là. Il faut bien reconnaitre que le réalisateur est un putain d’alchimiste : le film dure 2h45 et en parait 8. L’intrigue est d’une pauvreté affligeante, on nage dans la redite (au bout de 30 heures de films, ça devait finir par arriver), et, comme bien souvent, dans la plus infâme bêtise. Avant, ça passait, grâce à l’inventivité visuelle et au savoir-faire du monsieur. Là, on a atteint et allègrement dépassé le seuil de tolérance du constructeur. Extinction des feux.

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Boyhood
(2014) de Richard Linklater
12 years a boy
Filmer les mêmes comédiens sur une période de 12 ans, c’est la gageure à l’origine de Boyhood. Comme les Transformers, ça dure 2h45 et comme 12 Years a Slave, il est question d’un peu plus d’une décennie. Pourtant, le film n’est nullement comparable et mérite bien plus de louanges. On ne va pas se mentir, la force réside ici dans le concept : se servir des mêmes acteurs, assister à leur évolution physique au cours des ans est infiniment plus intéressant que de les vieillir numériquement ou d’en choisir d’autres pour les incarner à différents âges. L’exécution est remarquable, notamment par l’utilisation maline de marqueurs temporels : chansons, objets (technologiques), etc. qui permettent de se repérer et de nous renvoyer à notre propre histoire. Car c’est selon moi la plus grande force de cette fresque : en regardant ces personnages grandir, on tourne les pages de notre album personnel, on en superpose mentalement les vignettes sur celles qui défilent à l’écran. Les morceaux de vie qui peuvent paraitre neutres sont un canevas pour le spectateur et l’ensemble, un formidable véhicule d’émotion(s), à peine terni par le côté tête à claques de Mason adolescent et la philosophie de comptoir des dernières séquences… Beau !

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Begin Again
(New York Melody) (2013) de John Carney
“So let’s get drunk on our tears…”
Begin Again aka New York Melody s’inscrit dans 2 catégories :
1 – les films dont le titre français est en anglais avec un sens, soit inexistant, soit complètement en décalage par rapport à l’original (Phone Game, Sexe Intentions…)
2 – les films que tu as déjà “vus” 1000 fois, dont tu connais l’issue dès la bande-annonce, et que tu apprécies quand même.
En effet, ce n’est clairement pas l’originalité qui prime ici, plutôt le charme du duo d’interprètes principaux, Keira Knightley (dans une irrésistible composition de femme-enfant paumée) et Mark Ruffalo (toujours incroyablement humain et touchant), les chansons (si vous avez l’occasion, écoutez la version acoustique de “Lost Stars” par Adam Levine) ainsi que l’énergie bienveillante d’un feel-good movie qui fait du bien…

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The Raid 2
(2014) de Gareth Evans
Raid is not dead
Le premier épisode était aussi étriqué et répétitif que son successeur est ambitieux. Là où il se limitait à un traitement vidéoludique de la progression de son héros (les étages de l’immeuble comme autant de niveaux, le trafiquant de drogue reclus faisant office de boss final), le réalisateur livre cette fois-ci un opéra ample et généreux de 2h30 qui convoque pêle-mêle Sergio Leone, Francis Ford Coppola, John Woo, Tsui Hark, Jean-Pierre Melville et tout plein d’autres noms très chics qui vous feront bien voir auprès de ceux qui tiennent les murs du cinoche. C’est le même principe qu’un bon buffet chinois à volonté, il y a de tout, et en grande quantité : organismes broyés, justice expéditive, mélancolie, vengeance, tragédie shakespearienne, etc. ; le tout servi par une mise en scène au lyrisme sauvage. Éreintant, mais TELLEMENT généreux et enthousiasmant, à l’image du formidable duel final dans les cuisines du restaurant…

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Di Renjie: Shen du long wang
(Detective Dee 2 : La Légende du Dragon des Mers) (2013) de Tsui Hark
Wrong Detective
On dirait la candidature spontanée et fauchée de Tsui Hark pour réaliser le sixième Pirates des Caraïbes. C’est super laid, la bouillie numérique étant rehaussée par une 3D gadget qui file la nausée. C’est dans le thème du film, qui se déroule en grande partie en mer, vous me direz... Tout s’est fait la malle ! L’élégance et la poésie des premières aventures (Detective Dee : Le Mystère de la Flamme Fantôme), la qualité de l’intrigue, la beauté des combats, et le spectateur désabusé.
/!\ ALERTE ENLÈVEMENT : Tsui Hark, 64 ans, type asiatique, réalisateur de Time and Tide, Il était une Fois en Chine, Il était une Fois en Chine II : La Secte du Lotus blanc, etc. a disparu depuis plusieurs années. L’homme serait désormais capable de filmer des histoires invraisemblables sans aucune considération esthétique. L’individu porterait des lunettes de soleil et serait armé d’un objet contondant (peut-être une caméra 3D). N’agissez pas seul.

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Les Combattants
(2014) de Thomas Cailley
“Tu manges pas ton Flanby ?”
Les récits sur le passage à l’âge adulte ne sont pas l’apanage du monde anglo-saxon, mais force est de reconnaitre que ce sont eux qui les réussissent souvent le mieux. Ils ont même une expression pour cela : coming of age. Grâce au premier long de Thomas Cailley, on sait désormais que le cinéma français récent est également capable d’en proposer de très bons. Récit de passage à l’âge adulte, romance adolescente, comédie pure, film apocalyptique, Les Combattants est tour à tour tout cela, sans lourdeur, comme la version Playskool de l’armée expérimentée par ses héros. Bien que le résultat contienne ce qui fut un des grands moments de drôlerie de 2014 (la scène de l’instructeur dépité qui essaie tant bien que mal d’apprendre aux stagiaires à évaluer les distances), ce qui s’y passe n’est pas nécessairement le plus intéressant. L’alchimie inattendue entre la douceur de Kévin Azaïs et la force de la bombe à retardement Adèle Haenel fait des étincelles, en même temps qu’elle vient inverser le rapport de force éculé. Il faut la voir mener par le bout du nez son partenaire, shooter dans un drapeau tricolore de rage et l’instant d’après ouvrir de grands et beaux yeux pour lesquels on serait prêt à pardonner beaucoup. Bien que la dynamique repose principalement sur leur relation à tous les 2, c’est elle qui est la vraie révélation. C’est un des jolis visages de cette année, qu’on devrait revoir très vite tant ce film, d’une légèreté et d’une fraîcheur salutaires, pourrait bien faire date dans l’histoire d’Adèle H…

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Next Goal Wins
(Une Équipe de Rêve) (2014) de Mike Brett & Steve Jamison
“I wanna win a game, I would die as a happy person.”
Les impératifs économiques et le cynisme ont depuis longtemps balayé la simple passion dans le football. Pourtant, il arrive que de jolies histoires parviennent jusqu’à nos oreilles. Ou nos yeux, en l’occurrence. C’est le cas de l’incroyable épopée de l’équipe nationale des Samoa Américaines racontée dans ce très bon doc. Tenante du titre peu honorifique de pire équipe de football du monde, elle avait concédé – face à l’Australie – une défaite historique sur le score de 31-0 en 2001. Ça pique un peu. La dernière place au classement FIFA aussi. Au plus bas (aucune victoire en match officiel dans toute l’histoire de la sélection, aucun but inscrit depuis 4 ans), les Samoa ont fait appel à un entraîneur néerlandais à l’aube de la campagne qualificative pour la Coupe du monde au Brésil. C’est le point de départ du récit.
Le reproche majeur que l’on peut adresser à ce film est la surdramatisation, notamment par l’utilisation abusive de la musique. Cette histoire était suffisamment saisissante pour l’éviter. Si l’on met cela de côté, c’est un vibrant plaidoyer pour le beautiful game, l’occasion de voir des types jouer pour tout un tas de valeurs qui sembleraient presque désuètes : la fierté, l’amour de sa terre natale, l’esprit d’équipe, le plaisir… On se prend à supporter le petit, l’outsider, d’autant que leur destin personnel est touchant, du gardien de but ayant encaissé les 31 pions, revenu exorciser ses démons à Johnny “Jaiyah” Saelua, représentant fa’afafine (3è genre reconnu dans la culture samoane). C’est une histoire qui fait figure d’anachronisme, exceptionnelle dans tous les sens du terme, exaltante et profondément humaine.

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Neighbors
(Nos pires Voisins) (2014) de Nicholas Stoller
Unfriendly neighborhood
Nicholas Stoller avait commencé fort sa carrière de réalisateur, enchainant Forgetting Sarah Marshall et Get Him to the Greek, deux classiques déjantés de la comédie ultra-régressive que je ne saurais trop vous conseiller. Approchant la quarantaine, le bonhomme s’est visiblement calmé dans les thèmes abordés : le mariage d’abord, puis le sort de jeunes parents avec ce nouvel opus au pitch simplissime : la guerre entre un jeune couple de parents et la fraternité étudiante emménageant dans la maison voisine. La formule est connue : gags efficaces précèdent morale convenue, et elle fonctionne assez bien ici, grâce à l’investissement des comédiens, la palme revenant à Zac Efron, solide dans l’auto-dérision. C’est agréable et drôle, mais finalement loin d’être irrévérencieux, à l’exception de quelques passages (très) isolés. C’est dommage…

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Obvious Child
(2014) de Gillian Robespierre
“ – Do you wanna watch a movie?
– Always!”
Dans le genre idée casse-gueule, une comédie romantique sur fond d’avortement, ça se pose là. A fortiori avec une comédienne de stand up tricarde depuis qu’elle a dit “fucking” à la TV US (allez imaginer si elle avait fait une pub naze pour une banque…) et une réalisatrice répondant au doux patronyme de Robespierre. Le pari est joliment relevé, bien que l’on devine le court métrage étiré. Les scènes de stand up intercalées rappellent Seinfeld tandis que le produit fini, mi-hipster, mi-indé se révèle somme toute plutôt charmant.

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Magic in the Moonlight
(2014) de Woody Allen
Au clair de la lune…
50 films en 50 ans, c’est peu ou prou ce qu’affiche le CV de Woody Allen, stakhanoviste de la péloche (caractéristique qu’il partage avec Steven Soderbergh). Il y a forcément du déchet, si bien que l’on entend souvent parler de Allen mineur à propos de ses dernières productions. C’est vrai, mais en toute subjectivité, et à quelques exceptions près, même quand c’est moins bien, c’est souvent bien. Magic in the Moonlight est un Allen mineur, à nouveau paré de la photographie si reconnaissable de Darius Khondji (utilisée depuis Midnight in Paris). Mineur, mais diablement séduisant ; et je ne dis pas ça (uniquement) parce qu’Emma Stone figure au casting. Elle y est évidemment irrésistible, volant le cœur de Colin Firth en même temps que le nôtre (le mien, en tout cas). Ce dernier est d’ailleurs parfait en héros allenien quelque peu éloigné des canons du genre. Ainsi va cette magie au clair de lune au scénario et aux dialogues moins travaillés qu’à l’accoutumée, mais dont la résonance personnelle et le charme a fini par m’emporter. Encore. Et toujours…

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Cahier de Mondial – Entrée #33 : “Émois d’un mois”

Il fallait bien que ça arrive… 12 juin – 13 juillet, le compte est bon. 32 jours, autant d’équipes, 64 matchs, 171 buts, des hectolitres de sueur, de larmes et de mousse à raser, du sang, du soleil, des nanas, de la pluie, des crêtes, des surprises, des branlées, des sourires de gosses, des câlins, des morsures, des tatouages, de l’amour… Le monde s’est arrêté de tourner pour regarder le Brazuca prendre le relais : une demi-révolution du bon ou du mauvais côté, la goal-line technology veille au grain… C’était beau, c’était bon, c’était grand, c’était court. J’ai jamais trop aimé les adieux, je tolère à peine les au revoir, c’est pourtant la dernière fois que je noircis ce cahier. J’ai vécu ce Mondial à fond, au rythme du multi-écran qui ne fait pas que braquer notre concentration – il entretient également à merveille les monomanies –, j’ai mis la misère à mon horloge interne, j’ai sacrifié mon reliquat de vie sociale, mes heures de sommeil aussi, j’ai regardé, écrit, débattu, pronostiqué, maudit, juré, rêvé, j’ai eu les larmes aux yeux… Je n’ai jamais vraiment eu l’esprit de synthèse, mais je vais tenter d’articuler mes souvenirs autour de l’axe un but/un joueur/une équipe/un match. Pour le but, je pencherais pour le saut de l’ange de van Persie face à l’Espagne. Parce que le geste est fou, parce que bien avant la déroute brésilienne en 1/2, ça lance la soirée la plus improbable et de loin. Un joueur : Neymar. On pensait qu’il était trop frêle pour cristalliser les espoirs de tout un pays, et, s’il avait dû souffrir d’une vertèbre, l’injustice poétique aurait voulu que ce soit l’atlas, baptisée ainsi en référence au Géant de la mythologie qui portait la Terre sur ses épaules. Au lieu de ça, Zúñiga l’a fauché au bas du dos, le rêve brésilien avec. Une équipe : l’Allemagne. Honneur aux vainqueurs (et gloire aux vaincus), il y a beaucoup de bons footballeurs et de bons mecs dans cette équipe, ça fait un bien fou ! Bon, il y a aussi des visites chez le coiffeur qui se perdent, ça compense. Un match : Suisse/France. Je ne m’étais pas emballé comme ça en regardant les Bleus depuis Mathusalem. C’est la rencontre qui dépasse de toutes les cases dans le parcours de l’équipe de France, mais alors : quel plaisir ! Et plaisir, c’est le mot ! Bien que le sentiment soit légèrement atténué par la très relative déception tricolore et par la douloureuse débâcle des Auriverde, c’était un régal. C’est pas dit qu’on s’amuse autant chez Vladimir… En attendant, puisqu’une image vaut mille mots, je vous laisse avec de chouettes vignettes. Je file, je crois que la saudade m’attend…

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