Cahier de Mondial 2018 – Entrée #24 : “La place Rouge était vide…”

L'incipit est bien connu. Sur une ligne de basse, Bécaud égrène un chapelet d'images d’Épinal sur l'ex-URSS et sa capitale : la place Rouge, la révolution d’Octobre, le tombeau de Lénine... et en invente : en 1964, le café Pouchkine n’existe alors que dans l'imagination de son parolier. Depuis, un restaurateur moscovite lui a donné vie et l'a inauguré en présence du chanteur varois en 1999. Beau geste de sa part d’avoir mis “Monsieur 100 000 volts” au courant...
La Russie est un pays qui a nourri beaucoup de fantasmes, notamment pendant la guerre froide. On ne compte plus les récits ayant pour cadre cette période de l’histoire contemporaine. Des franchises telles que Mission: Impossible, la série débutée au milieu des années 1960, se sont chargées de propager les clichés sur l'espionnage soviétique. Mais ce n’est pas l’apanage de l'écran, petit ou grand. En littérature également, on trouve de nombreux exemples, à commencer par celui de David John Moore Cornwell, dit John le Carré. Le romancier a travaillé pour le renseignement intérieur (MI5) et extérieur (MI6) britanniques, étant toujours en service actif lorsqu'il publie Call for the Dead en 1961. Prolifique, il est l'auteur d'un nombre important de romans d'espionnage parmi lesquels on peut aisément trouver un titre qui correspondrait à chacune des équipes engagées ce samedi 7 juillet 2018 :

Suède - The Spy who Came in from the Cold
Bien que l'état scandinave jouisse d'un climat tempéré, les températures hivernales dans le Nord chutent aussi vite que Neymar.

Angleterre - The Tailor of Panama
En phase de poule, le XI de la Rose a déchiqueté la petite république d'Amérique Centrale.

Russie - The Russia House
C'est à la fois le choix le plus audacieux et le moins évident. Le lien est ténu, presque sibyllin...

Croatie - A Legacy of Spies
La bande à Luka ambitionne d'être la digne héritière de son illustre aînée, brillante troisième de la Coupe du monde 1998, et ce, pour sa première participation.

En 1983, le Carré fait paraître The Little Drummer Girl. Trois décennies et demie plus tard, cette œuvre va être adaptée en mini-série par le virtuose retors Park Chan-Wook. Hasard du calendrier, encore un, le 7 juillet est le jour de naissance commun à 2 Richard, Richard Starkey aka Ringo Starr et Richard Kolinka. Happy birthday to the Little Drummer Boys...



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SUÈDE 0-2 ANGLETERRE / MAGUIRE 30’, DELE 59’

Show me the money!

À la fin du premier tiers du match, Harry Maguire a repris d'une tête piquée le corner d'Ashley Young, signant l'ouverture du score et s'offrant ainsi sa toute première réalisation internationale. (0-1)

À la fin du deuxième tiers du match, Dele Alli a repris d'une tête au-dessus des gants de Robin Olsen le centre de Jesse Lingard, doublant l'avantage. (0-2)

À la fin du troisième tiers du match, bien aidée par Jordan Pickford qui a détourné d'une main ferme toutes les idées reçues sur les gardiens anglais, l'Angleterre a composté son billet pour les demies.

L'exactitude est la politesse des rois... et de leur progéniture. Prince Harry et Prince Alli (oui, c'est bien llui) ont couronné de la tête la qualification des Three Lions ; leurs quatrième et cinquième buts inscrits du crâne depuis le début de la compétition. Et les neurones de s'en aller rejoindre les Suédois et la gastronomie au rang des victimes de la perfide Albion...


Russie-Croatie-07072018

RUSSIE 2-2 CROATIE (3-4 TAB) / CHERYSHEV 31’KRAMARIĆ 39’, VIDA 101’, FERNANDES 115’

À voir les pions plantés par Denis Cheryshev lors de la rencontre inaugurale, on en viendrait presque à croire que sa virtuosité relève de l'atavisme, héritée de la grande tradition du Bolchoï. Trois semaines se sont écoulées depuis, et parce que trois semaines, c'est beaucoup, le numéro 6 de la Sbornaïa a décidé de nous gratifier d'un nouveau récital. Contrôle aérien élégant, deuxième touche rapprochée pour mettre le ballon au sol et échapper à son poursuivant, une-deux avec le géant Artem Dzyuba, évitement du tacle de Luka Modrić, frappe du gauche en déséquilibre juste avant la demi-lune. Lunette. “Araignée du soir, espoir”, comme le veut l'adage, mais Cheryshev n'en a strictement rien à battre... (1-0)

Question esthétisme, la Croatie, elle, est bassement prosaić. Mario Mandžukić déborde côté gauche, centre en retrait pour Andrej Kramarić qui décroise tranquillement sa tête piquée au milieu de 5 maillots rouges. (1-1)

Coup de sifflet final, pas de prolongation ♫. Abonnés au suspense dans ce tour principal, les ressortissants balkaniques et leurs hôtes vont à nouveau disputer 30 minutes supplémentaires et peut-être devoir se livrer au périlleux exercice des tirs au but. Ce tropisme des Russes pour la roulette...

La Dalmatie est une région historique, le long de l'Adriatique, dont la plus grande partie s'étend sur la Croatie. Aussi, personne n'a été surpris que Domagoj Vida claque le corner de Modrić dans les filets d'Akinfeev à la 101e. Viva la Vida sur Coldplay arrêté... Pensionnaire du Dynamo Kiev, le défenseur central est rompu aux joutes dans les plaines d'Ukraine(1-2)

Ivre (de joie) virgule, le blond au catogan se départit de sa sa tunique, persuadé d'avoir porté l'estocade. Tout un chacun - à l'exception d'Abdeslam Ouaddou - sait qu'il ne faut jamais vendre la peau de l'URSS... La sanction arrive par Mário Fernandes, le latéral d'origine brésilienne. Celui qui ne maîtrise que quelques mots de la langue de t.A.T.u. n'a pourtant aucune peine à se faire comprendre de son partenaire, Daler Kuziaev, qui lui dépose sur l'os sincipital un coup franc botté de l'angle de la surface. (2-2)

Le juge de paix des 11 mètres désignera la jeune république de l'ex-Yougoslavie comme le dernier qualifié de ces quarts de finale. Les Croates ont d'abord tiré 2 fois à gauche du gardien russe, dont un échec, puis réussi leurs 3 dernières tentatives, sur sa droite. Si faire mine de tirer à gauche pour finir par tout mettre à droite ne leur garantit pas encore le couronnement dans une grosse semaine, cette tactique a permis à d'autres de décrocher un sacre hexagonal au printemps précédent...

C'est à Rakitić qu'est revenu l'honneur de convertir le tir au but décisif. Il fallait bien que le fossoyeur des espoirs de la Sbornaïa se prénomme Ivan, ne serait-ce que pour l'injustice poétique...

C'est la fin de l'histoire, le noir après le rouge...

Plus question de phrases sobres
Ni de révolution d'octobre
On n'en était plus là
Fini le tombeau de Lénine
Le chocolat de chez Pouchkine
C'est, c'était loin déjà...

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #23 : “Il était une dernière fois en Amérique…”

Le vendredi 16 septembre 2016, le Paris Saint-Germain se déplace sur la pelouse du stade Michel-d'Ornano pour y affronter le Stade Malherbe Caen. Un seul point sépare les deux équipes avant le coup d'envoi, mais le suspense tourne court. À la pause, les visiteurs ont déjà planté 4 banderilles dans l'arrière-garde normande ; toutes l’œuvre d'Edinson Cavani. Ils en ajouteront 2 supplémentaires après le repos, la proverbiale roue de bicyclette...
Le lendemain, sur le plateau du 20H Sport d'I>Télé, c'est l'heure du tour de table :
“- On est super content pour lui, c'est bien, il a marqué 4 buts. Mais il a marqué hier soir la moitié de tous les buts qu'il va marquer dans cette saison, c'est-à-dire qu'au maximum, il en marquera 8.
- C'est-à-dire que vous pensez que Cavani va marquer 8 buts au total cette saison ?
- Oh, une dizaine, ouais, ce serait déjà pas mal !”
Le dimanche 14 mai 2017, le Matador signe dans le Chaudron les deux dernières réalisations de sa saison de Ligue 1. Son bilan : 36 matchs, 35 buts. À seulement 2 unités des 37 bougies que souffle aujourd'hui, 6 juillet 2018, la Nostradamus de la Star Ac', Francesca Antoniotti.
Pas besoin d'être un oracle pour savoir que le numéro 9 parisien n'inscrira pas le moindre but contre l'équipe de France cet après-midi. Sorti sur blessure face au Portugal et forfait pour la rencontre, son absence rebat les cartes dans le premier duel américano-européen de la journée. Sauf pour les esprits hostiles à la Dèche, qui ont placé les Charrúas avant les Bleus.
Sur les coups de 21h, heure locale à Kazan, les pays B (pas l'indicateur économique), Brésil et Belgique, se disputeront  un autre ticket pour le dernier carré. Ou quand le double B aspire au triple A...



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URUGUAY 0-2 FRANCE / VARANE 40, GRIEZMANN 61

Les Cent et Une Nuits

Fernando Muslera et Hugo Lloris présentent la particularité d'être nés la même année (1986), d'évoluer au même poste (gardien de but) et de compter - avant ce quart de finale - autant de capes qu'il y a de départements français ou de chiens à la robe tachetée dans le classique de Disney (***). Le parallèle s'arrête ici. Le portier uruguayen aura devant lui un 4-4-2 dit “losange” pour les cartésiens, “diamant” pour les Cartier-siens et en charnière centrale, la paire de l'Atlético, Diego Godín-José María Giménez. Le portier français, lui, sera le dernier rempart d'un 4-2-3-1, protégé par  Samuel Umtiti, joueur du Barça et Raphaël Varane, son homologue madrilène. Eh ouais, le slogan “Nos différences nous unissent” dans l'encolure de la tunique frappée du coq, c'est pas uniquement pour faire joli...

15’ : Le long centre au second poteau de Benjamin Pavard trouve Olivier Giroud. L'attaquant des Blues remise astucieusement vers Kylian Mbappé, seul aux 5,50 m. Bien qu'il dispose de tout le temps nécessaire pour contrôler, le Bondynois se détend pour offrir une sortie de but à son adversaire, d'un impeccable timing. Louper une tête lorsque l'on a connu une augmentation conséquente de son périmètre crânien, c'est cocasse...

40’ : Une faute de Rodrigo Bentancur - assortie d'un avertissement parce qu'elle le valait bien - offre un bon coup franc aux Bleus, à une trentaine de mètres à droite en regardant les bois. Antoine Griezmann s'en charge, marque le pas dans sa course d'élan, et frappe à contretemps. Ce subterfuge surprend la défense sud-américaine, laissant tout loisir à Varane de devancer Cristhian Stuani, décroiser superbement son coup de tête et l'envoyer hors de portée de Muslera dans le petit filet. (0-1)

44’ : Sur une action similaire, Lucas Torreira botte un coup franc lointain. Martín Cáceres décroise également sa tête à la réception, obligeant Lloris à une horizontale impressionnante. Le cuir échoue dans les pieds de Godín, incapable de conclure à bout portant, gêné par le gardien qui s'est prestement relevé.

Le premier acte s'achève sur ce court avantage. Au vu des récentes confrontations entre les deux équipes, c'est presque du luxe. Les 4 dernières instances se sont en effet soldées par un 0-0, dont 2 fois en Coupe du monde (2002, 2010). Pire, le dernier joueur français à avoir marqué un but à l'Uruguay avant Raphaël Varane est José Touré. C'était le 21 août 1985,  au Parc des Princes, pour la Coupe intercontinentale des Nations opposant le vainqueur de la Copa América 1983 à celui du championnat d'Europe des Nations 1984. Un trophée - et un stade, diront les mauvaises langues - aujourd'hui disparu...

Le baiser de Judas

61’ : Corentin Tolisso sert Griezmann aux abords de la surface côté gauche. Devant l'absence d'alternative, le meneur de jeu tente sa chance. La frappe flottante se dirige plein axe avant de dévier de sa trajectoire, trompant Muslera, dont l'intervention est complètement manquée. Il laisse échapper la sphère derrière sa ligne de but. There was something in the air that night/The stars were bright, Fernando/They were shining there for you and me. Surtout pour toi, Fernando... (0-2)

Grizou, qui avait clamé toute la semaine son fort attachement au petit pays d'Amérique du Sud, ne célèbre pas. La date du 6 juillet est celle de la journée internationale du baiser. Pour la Celeste, il a la saveur de celui de l'apôtre à la morale aussi lâche que les mains de son goal.

Avant même le coup de sifflet final, Giménez n'a pu retenir ses larmes, submergé par une détresse devenue soudain trop grande pour être contenue, même en Mondovision. La tristesse étant toujours ponctuelle, un torrent salé a inondé au même instant plusieurs paires de joues parmi les quelque quarante mille de l'affluence. D'aucuns trouveront une maigre consolation dans les mots de leur compatriote, Eduardo Galeano : “L'histoire ne dit jamais vraiment au revoir. L’histoire dit 'à plus tard' ”...



BRÉSIL 1-2 BELGIQUE / FERNANDINHO (CSC) 13, DE BRUYNE 31, R. AUGUSTO 76

Si Edinson Cavani a marqué 4 fois contre Caen, Fernandinho, lui, n'a marqué qu'une seule fois contre son camp. Faut dire qu'il était troublé, le Mancunien, à voir Vincent Kompany s'élever devant lui et Kevin De Bruyne dans les parages. Il s'est sans doute cru au boulot, au City of Manchester Stadium, et a dévié du coude le corner de Nacer Chadli dans sa propre cage. (0-1)

On ne jouait même pas encore le quart d'heure de jeu : Little Fernand, enseigne de dégradation rapide.

I came in like a wreeeeeecking baaaaaall 

Sur une récupération belge, Romelu Lukaku projette son presque double mètre et son presque quintal dans la moitié de terrain adverse. Chassé par Paulinho, il efface l'infortuné Fernandinho sur la ligne médiane et parvient à transmettre à De Bruyne dans l'intervalle. Le milieu cityzen se sert de l'appel de Thomas Meunier pour privilégier la solution personnelle. Il décoche une merveille de frappe sèche et tendue. Alisson Becker est battu sur sa droite pour la deuxième fois de la soirée en moins de 20 minutes, impuissant, les genoux plantés dans la pelouse de cet effroyable jardin... (0-2)

Au tour précédent, Bobby Firmino avait entériné la victoire brésilienne 2 minutes après sa sortie du banc. Cette fois, c'est Renato Augusto qui l'a imité en 3 minutes ; sur une passe géniale de Philippe Coutinho, sa tête placée a trompé Courtois. (1-2)

Mais ce n'était que la réduction de l'écart, il aurait fallu en remettre une couche pour sauver tout un continent...

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #22 : “The creative adult…”

... is the child who survived.” Cette citation apocryphe est fréquemment attribuée à tort à Ursula K. Le Guin, écrivaine américaine disparue au début de l'année. Ses mots exacts sont tirés d'un essai intitulé Why Are Americans Afraid of Dragons? : I believe that maturity is not an outgrowing, but a growing up: that an adult is not a dead child, but a child who survived.” Un adulte est un enfant qui a survécu. Une manière de contrer l'idée en vigueur à l'époque  (1974) selon laquelle l'âge adulte devait nécessairement passer par le rejet de tout ce qui a trait à l'enfance. Aucun lien avec la créativité - elle est fille unique. Néanmoins, ces deux notions se sont parfois retrouvées étroitement mêlées, comme chez Baudelaire : Le génie n'est que l'enfance retrouvée à volonté.” Encore un qui s'est laissé abuser par la taille de Leo Messi...

Foot-Bidonvilles-Brésil

Nous sommes le jeudi 5 juillet 2018, jour de 60e anniversaire pour William Boyd Watterson II, auteur du comic strip qui, sans doute plus que tout autre, illustre à merveille le propos introductif.

Bill Watterson a vu le jour à Washington, D.C. Pourtant, à le lire, on pourrait jurer qu'il est d'ailleurs. Très tôt, sa famille déménage à Chagrin Falls, petit village de la banlieue de Cleveland. Alors que le nom de cette bourgade semblait davantage le destiner à devenir un cousin américain des frères Dardenne, il y puisa l'inspiration pour ce qui allait être l'oeuvre de sa vie : les aventures d'un garçonnet et de son tigre en peluche. Deux personnages placés sous le patronage de 2 penseurs - une astuce qui sera reprise par les scénaristes de LOST -, Jean Calvin et Thomas Hobbes. Calvin & Hobbes. Pendant 10 ans, la série s'attachera à dépeindre les inénarrables décalages entre la vision du minot, celle de son félin et le monde - adulte, mais pas que - auquel elles se heurtent régulièrement. En substance, la phrase de Baudelaire dit que pour créer, il faut être capable de retrouver un état proche de celui de l'enfance, où l'on a d'a priori sur rien. C'est le cas de Calvin qui, au-delà de son intelligence et de sa malice, lance souvent à ses parents des affirmations et/ou questions désarmantes de sincérité auxquelles ces derniers n'opposent d'autre réponse qu'une légère coercition.

Le début du mois qui doit son étymologie à Jules César revêt une importance capitale pour un autre créateur ayant pioché dans l'enfance. Ainsi, le 4 juillet est une date pivot à double titre pour Charles Lutwidge Dodgson, plus connu sous le nom de plume Lewis Carroll. En 1862, c'est là qu'il commence à esquisser les contours d'un récit aux 3 jeunes filles du doyen du collège où il est enseignant à la faveur d'une sortie en barque. La cadette, Alice, le tanne pour en obtenir une version papier. Il s'exécutera et lui présentera en 1864 un manuscrit illustré Alice's Adventures Under Ground. Le 4 juillet 1865, Alice's Adventures in Wonderland paraît. Si les bases sont enfantines, le conte est infiniment plus sombre.

La genèse de Watership Down est très similaire. Le roman que l'on doit à Richard Adams est une fable hautement métaphorique sur la survie de lapins contraints de quitter leur garenne. Ce qui a démarré comme un stratagème pour divertir les deux filles de l'auteur, Juliet et Rosamond, lors de longs voyage en voiture, s'est rapidement mué en ouvrage devant les suppliques des gamines. Vendu à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires, il a acquis un statut de classique, connaissant une popularité non démentie auprès des lecteurs. Cela contraste avec l'anonymat relatif dans lequel il a pointé le bout de son nez chez nous au milieu des années 70. Il a cependant été sorti du terrier par les éditions Monsieur Toussaint Louverture à la rentrée 2016, quelques mois avant que l'auteur britannique ne rende son dernier souffle à la veille de Noël...

Voilà deux cas mettant en exergue l'importance de la tradition orale dans le processus créatif. Une bonne histoire, c'est aussi ce qu'il faut à un sélectionneur, dans l'intimité d'un vestiaire, pour exhorter 23 types à se dépasser et tendre vers l'objectif commun : passer un tour supplémentaire, les 1/4 de finale dès demain. La seule différence, c'est qu'au terme de la causerie, ce n'est pas le locuteur lui-même qui écrira l'histoire, ce seront les joueurs, sur le terrain. Et il y a fort à parier que ce sera un poil plus compliqué que de suivre le lapin blanc...

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #21 : “4 œufs, 200 g de beurre, 200 g de farine, 200 g de sucre…”

... 1/2 sachet de levure. Préchauffez le four à 180°C (th. 6). Dans un saladier, fouettez les œufs avec le sucre. Ajoutez progressivement la farine et la levure petit à petit, puis le beurre fondu. Versez dans un moule et enfournez pour 30 minutes dans un four traditionnel (source : cuisineaz). Les plus accros au Meilleur Pâtissier - et/ou à Julia Vignali - d'entre vous auront reconnu sans peine la recette du quatre-quarts traditionnel, gâteau breton qui doit son appellation aux proportions égales des 4 ingrédients nécessaires à sa confection. À ne pas confondre avec le kouign-amann qui contient, lui, quatre quarts de beurre.
En Armorique, un jour sans beurre, c'est long comme un dimanche de fiançailles. Cette phrase n'a strictement aucun sens, simplement la fonction de rendre hommage à la mémoire de Sébastien Japrisot, né un 4 juillet 1931, à Marseille. Son nom de plume n'était autre que l'anagramme de Jean-Baptiste Rossi, son véritable état-civil. Un mélange de lettres aussi homogène que celui des ingrédients du quatre quarts. Tout au long de son existence, il a entretenu des liens étroits avec le cinéma. En plus du film de Jeunet, ses romans policiers ont connu de nombreuses adaptations : Compartiment tueurs (Costa-Gavras), Piège pour Cendrillon (A. Cayatte), La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (J. Sfar), et L'Été meurtrier (J. Becker). L'été meurtrier... Existe-t-il plus beau titre pour la phase à élimination directe d'un tournoi à cheval sur les deux premiers mois de la saison chaude ? Pas sûr...

L_Été_Meurtrier

Nous sommes le mercredi 4 juillet 2018. Après-demain débutent les quarts de finale. Si la recette du quatre-quarts était une offrande aux becs sucrés, le prix du programme de ces quatre quarts ne sera pas salé. Comme je ne travaille pas pour Panini, le voici gracieusement, tout juste sorti du four :



URUGUAY – FRANCE

LA GROSSE COTE : la hauteur des cuissardes de Francis Lalanne, qui a passé une partie de son enfance en Uruguay, pays natal de sa mère...

Uruguay_Quarts
France_Quarts


BRÉSIL – BELGIQUE

LA GROSSE COTE : la visibilité du gardien qui aura Marcelo, Willian, Marouane Fellaini et Axel Witsel dans le mur devant lui…

Brésil_Quarts
Belgique_Quarts


SUÈDE – ANGLETERRE

LA GROSSE COTE : Victor Lindelöf parviendra-t-il à expliquer la fin de LOST à Danny Welbeck, qui lui soutient l’impossibilité d’une telle île ?

Suède_Quarts
Angleterre_Quarts


RUSSIE – CROATIE

LA GROSSE COTE : l’entrée en jeu de Garry Kasparov, pour tenir en échec la formation au damier…

Russie_Quarts
Croatie_Quarts

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #20 : “Royaumes unis…”

Dans un article du Parisien publié ce jour, on apprend qu'au mois d'avril dernier, la façade de la Bourse de New York a arboré un drapeau suisse pendant une quinzaine de minutes. Rien de choquant a priori, si ce n'est que cette attention était destinée à saluer l'introduction de Spotify, plateforme de streaming... suédoise. La méprise serait courante du fait de la similarité entre les noms des deux pays dans plusieurs langues, poursuit le quotidien. Mouais...
Ce 3 juillet 2018 était l'occasion de régler sportivement ce différend en bord de Baltique. Une journée marquée par un double affrontement entre Rouges et Jaunes. On aurait donc légitimement pu s'attendre à des cartons. Hélas, les 210 minutes n'ont produit que 3 petites réalisations. Tant pis pour les boulimiques, tant mieux pour les royalistes : après la déconvenue d'il y a 48 heures, les monarques sont sortis de leur cocon pour obtenir leur revanche...

 
Suède_Suisse_03072018

SUÈDE 1-0 SUISSE / FORSBERG 66

Pour la petite histoire, la ville de Saint-Pétersbourg, théâtre de ce premier duel, a jadis arboré le pavillon scandinave ; pour une durée bien supérieure au quart d'heure américain. L'actuel emplacement de la cité fut occupé par une colonie suédoise jusqu'à ce que la Guerre russo-suédoise permette au tsar Pierre le Grand de reconquérir ce territoire et d'y fonder la capitale de son empire.

Du coup, il est possible que certains aient grincé des dents en voyant débarquer l'armée rouge.  Pas de quoi s'inquiéter outre mesure, cependant, la Nati et sa politique de neutralité est un adversaire moins coriace qu'un état à la grande tradition militaire. Forsberg, l'ailier du RB Leipzig, l'a bien compris et profite de la déviation malheureuse de Manuel Akanji pour inscrire l'unique but de la rencontre. Emil met dans le mille pour envoyer les Helvètes underground, six pieds sous terre ou 30 000 au-dessus, dans l'avion du retour...


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COLOMBIE 1-1 ANGLETERRE (3-4 TAB) / KANE (P) 57, MINA 90’+3

Te souviens-tu d'un slow/Vingt ans plus tôt/Déjà vingt ans...

Le 26 juin 1998, la Colombie et l'Angleterre se disputaient une place en huitième de finale au stade Bollaert. Les Britanniques s'étaient imposés par deux buts à zéro, sans souffrir : Darren Anderton, le joueur de Tottenham, avait ouvert la marque, imité par David Beckham, auteur d'un maître coup franc.

Deux décennies ont passé. Les deux nations se retrouvaient un cran plus loin, cette fois-ci, se disputant une place en quart de finale. Comme dans l'antre sang et or, c'est un joueur des Spurs qui a débloqué le compteur : d'un penalty frappé plein axe, Harry Kane a donné un avantage aux Three Lions que l'on pensait définitif. (0-1)

Dans les arrêts de jeu, Mateus Uribe décoche une monstrueuse demi-volée que Air Jordan Pickford détourne en corner d'une fantastique claquette. Sur le coup de pied de coin de la dernière chance, David Ospina traverse le terrain pour assister aux premières loges à l'égalisation de Yerry Mina d'un coup de casque déterminé. (1-1)

En Coupe du monde, le XI de la rose n'est jamais sortie victorieuse d'une séance de tirs au but. L'Allemagne de l'Ouest en 1990, l'Argentine en 1998 et le Portugal en 2006 se sont montrés à chaque fois plus adroits, si bien que cette malédiction a inspiré la rédaction d'un ouvrage au journaliste Ben Lyttleton. Le tir d'Uribe et celui de Carlos Bacca lui garantissent le succès d'une prochaine traduction dans la langue de Cervantès...

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #19 : “Question d'équilibre…”

Entre juillet 2014 et août 2017, le trio d'attaque du FC Barcelone a affolé tous les compteurs, pesant à lui seul 364 buts et 211 passes décisives dans le bilan offensif du club catalan. Salué pour sa complémentarité, redouté pour son efficacité, il fut baptisé d'un sigle composé des initiales de ses 3 éléments : M pour Lionel Messi, S pour Luis Suárez et N pour Neymar Jr. Si la MSN a signé sa partition la plus mémorable un soir de mars 2017, elle a permis à l'armoire blaugrana de se garnir de 8 trophées majeurs supplémentaires. Ignorant l'avertissement relatif à l'usage excessif des wizz, elle a détruit les défenses en même temps que le suspense dans bon nombre de rencontres.
Son cousin “dyslexique” MNS, M. Night Shyamalan, avait pourtant œuvré à populariser le film à twist avec sa pelletée de dénouements inattendus et/ou surprenants au tournant des années 2000. Le football lui avait emboîté le pas l'année de la sortie de son Sixième Sens, lors de la finale du Championnat d'Europe entre des Italiens devant au tableau d'affichage jusqu'au bout du temps additionnel et l'égalisation providentielle de Sylvain Wiltord. La suite, toute le monde la connaît. C'était un 2 juillet, il y a 18 ans jour pour jour. La technique qui permet de reboucher une bouteille de Prosecco est donc majeure.
Le match de la soirée entre Belges et Japonais a connu un scénario similaire, les Diables profitant du sabordage de Samouraïs devenus kamikazes pour leur porter le coup de grâce. Dans l'après-midi, le N de la MSN avait tout fait tout seul, prouvant quel joueur redoutable il peut être lorsqu'il tient debout. C'est une question d'équilibre...


Brésil_Mexique_02072018

BRÉSIL 2-0 MEXIQUE / NEYMAR JR. 51, FIRMINO 88

Francisco Guillermo Ochoa Magaña a débarqué dans l'Hexagone à l'été 2011, au moment où certains se découvraient une passion pour le Paris Saint-Germain. De son passage dans l'élite à l'AC Ajaccio, il se souviendra sans doute longtemps de sa visite au Parc des Princes pour le compte de la saison 2013-2014. Le gardien mexicain avait esssuyé 38 tirs (17 cadrés), réalisé une dizaine de parades décisives dont une paire d'arrêts réflexe étonnants et délégué le reste du boulot à sa barre transversale. Il ne fut battu que dans les derniers instants par un enchaînement de haute volée signé Edinson Cavani, auteur cet après-midi-là de son premier but sous ses nouvelles couleurs.

Le moins que l'on puisse dire est que l'histoire a bégayé à Samara. Le portier a d'abord retardé l'échéance devant Neymar et Gabriel Jesus, cédant au retour des vestiaires suite à un joli mouvement initié et conclu par le néo-Parisien. Il déviera malencontreusement une nouvelle tentative du numéro 10 dans la course de Firmino, monté au jeu à peine 2 minutes avant, buteur sans opposition. Le choix dans la date > l'Ochoa dans la cage...


Belgique_Japon_02072018

BELGIQUE 3-2 JAPON / HARAGUCHI 48, INUI 52, VERTONGHEN 69, FELLAINI 74, CHADLI 90’+4

D'aucuns s'en souviennent peut-être, cette même année 2011, l'Olympique de Marseille était engagé dans la reine des coupes d'Europe. Après 2 victoires en autant de matchs, le club avait connu un passage à vide au cours des 3 suivants, se retrouvant au pied du mur avant un déplacement sur le terrain du Borussia Dortmund. Malmenés pendant toute la première période, menés rapidement 2 à 0, les Olympiens avaient trouvé les ressources mentales pour revenir et l'emporter sur le fil grâce à la VAR (Valbuena - Ayew - Rémy). On a beaucoup raillé le slogan imaginé par l'équipementier aux 3 bandes “Un jour ou l'autre, l'Europe parlera marseillais”... En attendant, dans la Ruhr, on a appris à dire remontada en provençal...

Le moins que l'on puisse dire est que l'histoire a bégayé à Rostov-sur-le-Don. Après une première mi-temps où les Diables rouges ont globalement contrôlé le ballon bien que gênés par des Japonais entreprenants, les choses se sont accélérées à la reprise.

On l'a tous fait, au retour d'une enseigne de mobilier et de décoration à consonance scandinave : dérouler le mètre ruban en papier récupéré sur place pour mesurer tout et n'importe quoi. C'est la grande passion de Thibaut Courtois, déployer son double mètre pour rien. Genki Haraguchi et Takashi Inui en profitent. (0-1) puis (0-2)

Dans un match qui n'a ni queue ni tête, la réduction de l'écart à la 69’ est d'une logique implacable. On ne peut pas en dire autant du placement d'Eiji Kawashima. (1-2)

Tout sauf impériale dans la défense de son espace aérien, l'arrière-garde japonaise concède l'égalisation à Marouane Fellaini, qui déploie son double mètre à bon escient, lui. (2-2)

Dès lors, l'issue ne fait plus aucun doute. Sur son ultime corner, le Japon décide de partir naïvement à l'abordage. Le centre est trop enlevé pour une équipe qui accuse un tel déficit de taille par rapport à son adversaire. Courtois capte sans problème, relance à la main sur Kevin De Bruyne. En bout de course, la passe du Cityzen trouve Thomas Meunier sur sa droite. 8 joueurs nippons sont éliminés. Le contre d'école est conclu facilement par Nacer Chadli après une délicieuse feinte de Romelu Lukaku. (3-2)

Épinglés pour avoir refusé le jeu face aux Polonais, les Samurai Blue se sont mués en Suicide Squad, organisant une journée portes ouvertes à destination des Belges. Margot Robbie, qui fête aujourd'hui ses 28 ans, appréciera...

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #18 : “Une dent contre les couronnes…”

Extérieur, nuit. La petite silhouette d'un homme chapeauté se détache sur la façade d'une maison au voisinage paisible. Le silence n'est troublé que par les stridulations des insectes alentour. Et bientôt par la voix grave de l'homme.
Leaning, leaning, safe and secure from all alarms;
Leaning, leaning, leaning on the everlasting arms.
What a fellowship, what a joy divine,
Leaning on the everlasting arms;
What a blessedness, what a peace is mine,
Leaning on the everlasting arms.
Sous les combles, une chambre est occupée par de jeunes enfants endormis partageant un même lit. Juste en dessous, immobile dans son rocking chair, les mains vissées sur un fusil, la maîtresse de maison monte la garde à proximité de la fenêtre. Sa voix se mêle à celle de l'étranger menaçant.
Leaning on Jesus, leaning on Jesus, safe and secure from all alarms;
Leaning on Jesus, leaning on Jesus, leaning on the everlasting arms.
Par la grâce d'un artifice visuel, ils apparaissent alors dans le même plan.
La bougie allumée innocemment par l'une des fillettes, trahissant l'occupation des lieux, est soufflée mais trop tardivement par la vieille femme. À l'extinction de la flamme, l'homme a disparu de la souche depuis laquelle il guettait le refuge. Le danger se précise, sentiment surligné par la coda de la séquence où une chouette fond sur un lapin impuissant, le saisissant hors-champ. 
It's a hard world for little things”.
Ces 150 secondes témoignent de la minutie avec laquelle l'éclairage et la composition ont été abordés. Elles illustrent brillamment (!) la parabole sur le Bien et le Mal que constituent les 92 minutes du long métrage auxquelles elles appartiennent. The Night of the Hunter aka La Nuit du Chasseur sous nos latitudes est l'unique film réalisé par Charles Laughton, né un 1er juillet. Acteur de renom, il n'aura jamais renouvelé l'essai, échaudé par la réception frileuse de ce qui est, depuis, devenu un classique absolu du e art. Hasard ou coïncidence, celui qui en incarnait le rôle principal, le prédicateur aux phalanges tatouées, Robert Mitchum, a cassé sa pipe un 1er juillet également, en 1997.
21 ans plus tard, hasard ou coïncidence, les deux huitièmes de finale programmés ont connu le même scénario. Quelles étaient les chances pour que 2 matchs de Coupe du monde disputés le même jour s'achèvent sur le même score ? Allons plus loin, quelle était la probabilité qu'en remplaçant presque toutes les lettres d'Espagne, on puisse écrire Croatie et en remplaçant presque toutes les lettres de Russie, on puisse écrire Danemark ?


Espagne_Russie_01072018

ESPAGNE 1-1 RUSSIE (3-4 TAB) / IGNASHEVICH (CSC) 12, DZYUBA (P) 41

Tout oppose les 2 joueurs composant la charnière centrale de la Roja. D'un côté, Gerard Piqué Bernabéu, dossard #3, pilier de la défense du FC Barcelone et mélomane par alliance. De l'autre, Sergio Ramos García, dossard #15, capitaine du Real Madrid - le rival séculaire - et cinéphile par alliance. Cette divergence se retrouve jusque dans les sports qui les passionnent :

À la douzième minute de jeu, Marco Asensio botte un coup franc vers le second poteau où Sergei Ignashevich réussit un ippon parfait sur Ramos. Malheureusement, le ballon ricoche sur la maléole du régional de l'étape dans le mouvement et surprend son partenaire de club. (1-0)

Heureusement pour la Maison Russie, le niveau des Espagnols est bien meilleur en basket qu'en judo. À quelques encablures du repos, le corner d'Alexander Samedov trouve le crâne d'Artem Dzyuba. Battu dans le duel aérien et sans doute inspiré par son compatriote Pau Gasol, Piqué contre la sphère du bras. C'est un lancer franc penalty. Le géant du Zenit se charge lui-même de transformer. Swish. (1-1)

Plus rien ne sera marqué, ni dans le temps règlementaire, ni dans le temps additionnel, ni dans la prolongation. Au petit jeu des TAB, c'est Igor Akinfeev qui se distingue en détournant la tentative de Koke puis, acrobatiquement, celle d'Aspas. La stat est accablante pour son homologue David de Gea : le portier mancunien n'a effectué qu'un seul arrêt de toute la compétition. Les Ibères ont affiché une possession 3 fois supérieure, tenté 4 fois plus de tirs et 5 fois plus de passes, tout ça pour échouer 6 près du but...


Croatie_Danemark_01072018

CROATIE 1-1 DANEMARK (3-2 TAB) / M. JØRGENSEN 1, MANDŽUKIĆ 4

Vous connaissez ce t-shirt avec l'inscription Who needs big tits? sur la poitrine et When you have an ass like this au dos ? Il a fallu moins d'une minute au dénommé Jonas Knudsen pour livrer sa version adaptée au ballon rond (au singulier, cette fois-ci) : qui a besoin d'un corner quand on peut effectuer des touches pareilles ? Certainement pas Mathias Jørgensen, qui profite du travail de Thomas Delaney à la réception de cette remise en jeu de plus de 30 mètres pour marquer avec la complicité de Danijel Subašić, dont les bras semblent aussi utiles que les accents sur son patronyme. (0-1)

Une poignée de secondes plus tard, Le Foot en Folie ! reprend ses quartiers dans l'arène de Nijni-Novgorod : Ante Rebić travaille côté droit, sert Šime Vrsaljko entre 2 joueurs. Le latéral madrilène centre un peu n'importe comment pour éviter l'intervention d'un défenseur. Henrik Dalsgaard est sur la trajectoire et en voulant dégager à l'emporte-pièce, il allume Andreas Christensen en pleine poire. Mario Mandžukić récupère et bat Kasper Schmeichel d'une demi-volée placée. (1-1)

Si incroyable que cela puisse paraître, on ne joue que la quatrième minute de la rencontre. Le score est donc nul et vierge pour la #TeamBuvette.

Par un tropisme excessif envers la symétrie, les Croates obtiendront un penalty à quatre minutes du terme de la prolongation. La balle de match est gâchée par une frappe trop axiale et trop molle de Luka Modrić. L'histoire ne dit pas si le gentil Kasper l'a effrayé...

Au cours des TAB, Subašić tiendra en échec 3 tireurs adverses : Christian Eriksen, Lasse Schöne et l'homonyme du premier buteur, Nicolai Jørgensen (si ce n'est Danois, c'est donc ton frère). 

La Révolution de Juillet 2018 a vu les Monarchies espagnole et danoise destituées par les Républiques russe et croate. Un petit tour à élimination directe et puis s'en vont, comme l'incursion du comédien britannique susmentionné derrière la caméra. Sorties en plein été, à la faveur de Laughton...

À тантôт…