Cahier de Mondial 2018 – Entrée #16 : “Jeunes et bons…”

Steve Savidan est né le 29 juin 1978 à Angers. Attaquant fantasque, il a débuté sa carrière professionnelle au SCO en 1997 et l’a achevée au Stade Malherbe Caen 12 ans plus tard. Ces 2 villes, distantes de moins de 200km à vol d’oiseau, pourraient symboliser un parcours casanier et ordinaire ; il n’en fut rien. Passé par Châteauroux, Ajaccio, Beauvais, Angoulême avec un bonheur à géométrie variable, il explose finalement à Valenciennes. Il y découvre la Ligue 1, se permettant le luxe de claquer un quadruplé à Fabien Barthez lors de sa première saison dans l’élite. Ses performances le mènent en Normandie à l’intersaison 2008. Ses premiers mois réussis attirent l’attention de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, alors sélectionneur de l’équipe de France. Il lui offre sa première et unique cape le 19 novembre 2008, au Stade de France, face à l’Uruguay. À 30 ans et 5 mois, Steve Savidan devient international.
Les temps changent ! Loin des papinades de Savigoal qui avaient réchauffé la fraîche soirée dionysienne, la sélection tricolore s’est présentée avec le deuxième effectif le plus jeune de la compétition derrière le Nigéria. Les 23 Bleus émargent à 25,6 ans de moyenne, 2/3 des joueurs ayant 25 ans ou moins. Comme disait Corneille – le dramaturge, pas le chanteur –, “aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.” D’où le clin d’œil introductif à la chanson de Damien Saez. Double clin d’œil, en réalité, car après les 48 matchs du premier tour, il ne reste que 16 équipes encore en lice. Elles vont se disputer 8 places en 1/4 de finale dans des affiches qui sentent le soufre (de numéro atomique… 16).

Antoine_Griezmann_7_ans

Nous sommes le vendredi 29 juin 2018. Demain débutent les matchs à élimination directe. Comme je ne bosse pas pour Panini, pas besoin de casser votre PEL ! Voici, et gratuitement, le programme de ce tour :


FRANCE – ARGENTINE

LA GROSSE COTE : la résistance de la doublure des poches de Kanté. Messi plus 5 Ballons d’or, ça pèse son poids…

FranceArgentine


URUGUAY – PORTUGAL

LA GROSSE COTE : Cavani et Suárez, les joueurs de l’interior contre Quaresma, le joueur de l’exterior

UruguayPortugal


ESPAGNE – RUSSIE

LA GROSSE COTE : le juge de paix pour départager les deux premiers volets de la trilogie de Cédric Klapisch, L’Auberge espagnole et Les Poupées russes

EspagneRussie

CROATIE – DANEMARK

LA GROSSE COTE : Carlsberg debout ou Kro assis ?

CroatieDanemark


BRÉSIL – MEXIQUE

LA GROSSE COTE : la probabilité que le Mexique, pays du spring break, offre un summer break anticipé à Neymar. Ce serait bien la peine d’avoir séché la moitié de l’année scolaire pour préparer un examen auquel on échoue prématurément…

BrésilMexique


BELGIQUE – JAPON

LA GROSSE COTE : Diable ou samouraï, qui fera monter la sauce ?

BelgiqueJapon


SUÈDE – SUISSE

LA GROSSE COTE : la prolongation, histoire de voir un truc suisse fonctionner après 17h…

SuèdeSuisse


COLOMBIE – ANGLETERRE

LA GROSSE COTE : le retour de Robbie Fowler, parce que la plus célèbre de ses célébrations ne sera jamais aussi pertinente que face à cet adversaire…

ColombieAngleterre

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #15 : “Et pour quelques cartons de plus…”

Si incroyable que cela puisse paraître aux yeux de celles et ceux ayant récemment découvert le ballon rond – communément appelés supportrices et supporters du Paris Saint-Germain –, le titre de champion de France de D1 1998 s’est disputé entre le Racing Club de Lens et le Football Club de Metz ; deux formations qui pointent à l’étage inférieur 20 ans plus tard. À l’issue des 34 matchs de l’exercice, Nord-Pas-de-Calaisiens et Lorrains comptaient le même nombre de points : 68. En tête du championnat la moitié de la saison, les Messins avaient une première fois cédé leur fauteuil à la fin du mois de mars avant de l’abandonner définitivement au soir de la 34è et dernière journée, la faute à une différence de buts défavorable (+20 contre +25) qui permit à des Lensois d’être sacrés pour la première et unique fois de leur existence à ce jour. Aussi cruel que de perdre un marathon au sprint dans l’ultime ligne droite après avoir mené le bal toute la course…
Depuis novembre 2003, l’Association Sportive Génération Foot, club sénégalais, a signé une convention de partenariat avec le FC Metz, qui possède un droit de sélection sur les meilleurs joueurs formés par cette académie. Si les pépites sénégalaises ont rejoint année après année la Moselle, le sentiment de frustration ressenti en 98 semble avoir fait le chemin inverse cet été. En effet, les Lions de la Téranga ont vu leur aventure russe se terminer prématurément pour 2 petits cartons jaunes récoltés de plus que les Japonais. Le diable est dans les détails…


Japon_Pologne_28062018

JAPON 0-1 POLOGNE / BEDNAREK 59’

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance d’assister à un match débridé de la part de la sélection nippone. Échaudés par l’ouverture du score de Bednarek, les Japonais ont préféré jouer un mauvais remake du Caen/Nîmes de mai 2014, réalisant une passe à 10 dans leur propre camp pendant près d’un quart d’heure. La défaite sénégalaise qui se dessinait dans l’autre rencontre leur permettait de se qualifier… au titre du fair-play. Oh, the irony!


Sénégal_Colombie_28062018

SÉNÉGAL 0-1 COLOMBIE / MINA 74’

Luis Muriel : 21,5M€. Carlos Bacca : 30M€. Juan Cuadrado : 31M€. Radamel Falcao : 43M€. James Rodríguez : 75M€. Avoir pour meilleur buteur de la compétition un défenseur central ayant disputé 6 matchs dans l’année civile : ça n’a pas de prix. Fort d’une détente verticale impressionnante, Yerry Mina est resté environ 18 semaines en l’air pour offrir d’une tête piquée l’ouverture du score, la victoire et la qualification aux Cafeteros.

Si la Colombie valide son ticket, derrière elle, Japon et Sénégal sont à égalité de points. Les critères pour départager 2 équipes en pareille situation sont les suivants :

1/Différence de buts dans tous les matchs du groupe
0 pour le Japon, 0 pour le Sénégal

2/Plus grand nombre de buts marqués dans tous les matchs du groupe
4 pour le Japon, 4 pour le Sénégal

3/Plus grand nombre de points obtenus dans les matchs entre les équipes concernées par l’égalité
1 pour le Japon, 1 pour le Sénégal (2-2)

4/Différence de buts particulière dans les matchs entre les équipes concernées
0 pour le Japon, 0 pour le Sénégal (2-2)

5/Plus grand nombre de buts marqués dans les matchs entre les équipes concernées
2 pour le Japon, 2 pour le Sénégal (2-2)

Si les équipes sont toujours à égalité (ce qui est le cas ici), le classement du fair-play intervient avec un barème établi par la FIFA. La sélection ayant le plus de points devance l’autre :

1 carton jaune = –1 point
1 carton rouge après 2 cartons jaunes = –3 points
1 carton rouge direct = –4 points
1 carton jaune puis 1 carton rouge direct = –5 points

4 cartons jaunes pour le Japon, 6 pour le Sénégal : le Japon accompagnera la Colombie.

GROUPE H

1. COLOMBIE 6 (+3)
2. JAPON 4 (0)

3. SÉNÉGAL 4 (0)
4. POLOGNE 3 (-3)


Panama_Tunisie_28062018

PANAMA 1-2 TUNISIE / MERIAH (CSC) 33’, BEN YOUSSEF 51’, KHAZRI 66’

Si l’un d’entre vous connait la traduction espagnole de “Fanny sous le baby”, merci de transmettre aux joueurs du Panama. À la faveur d’un nouveau revers, les Canaleros ont perdu la consolante, le match pour l’honneur entre les 2 équipes battues lors de leurs 2 premières sorties. C’est la première victoire tunisienne dans l’épreuve depuis 1978. 40 ans, plus puceau…

Angleterre_Belgique_28062018

ANGLETERRE 0-1 BELGIQUE / JANUZAJ 51’

Au jeu du qui perd gagne, l’Angleterre a perdu, donc a gagné. La Belgique, elle, a gagné, donc a perdu. Les Three Lions progresseront dans la partie “basse” du tableau, en compagnie de l’Espagne et de la Croatie, tandis que les Diables Rouges auront fort à faire avec l’Uruguay, le Portugal, la France, l’Argentine, le Brésil, etc.

Personne n’a jugé bon de communiquer les consignes à Adnan Januzaj, alors le joueur de la Real Sociedad est allé scorer un bijou d’une frappe enveloppée de son soyeux pied gauche. À quelque chose malheur est bon : la célébration de Michy Batshuayi est probablement la meilleure de l’histoire de ce sport. L’attaquant prêté à Dortmund par Chelsea récupère le ballon dans les filets, entreprend de le frapper très fort, seulement la sphère ricoche sur le montant et lui revient en pleine tête. You stay classy, Michy… <3

GROUPE G

1. BELGIQUE 9 (+7)
2. ANGLETERRE 6 (+5)

3. TUNISIE 3 (-3)
4. PANAMA 0 (-9)

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #14 : “Spiel mir das Lied vom Tod…”

Albert Romolo Broccoli s’est éteint le 27 juin 1996 à Beverly Hills. Son nom ne vous dit peut-être rien, a fortiori si vous aimez autant les frites que moi. Pourtant, ce fils d’immigrés calabrais né dans le Queens a produit via la société EON (Everything Or Nothing) les premières aventures cinématographiques d’un célèbre agent secret britannique. Dr. No, From Russia with Love, Goldfinger, Thunderball, You Only Live Twice, On Her Majesty’s Secret Service, Diamonds Are Forever, Live and Let Die, The Man with the Golden Gun, The Spy Who Loved Me, Moonraker, For Your Eyes Only, Octopussy, A View to a Kill, The Living Daylights, Licence to Kill auxquels on peut ajouter GoldenEye pour lequel il n’est pas crédité malgré son rôle de consulting producer. 17 épisodes selon les organisateurs, 16 selon le MI6. Outre l’étalage d’un machisme suranné et la promotion de luxueuses marques de costumes, véhicules, montres, spiritueux, appareils technologiques, la franchise se caractérise par le peu de suspense entourant les tribulations de son personnage principal. C’est l’impératif économique qui préside aux destinées de l’homme au complet sur-mesure. Lorsque l’on s’installe dans le fauteuil des salles obscures, 2 choses sont sûres : 1- si l’homicide était dépénalisé, le bouffeur de popcorn du siège voisin ne verrait ses proches qu’à la Toussaint et 2- 007 survivra aux hommes de main affichant un QI n’excédant pas le numéro de son matricule, aux pirates informatiques coiffés comme Patrick Juvet, aux magnats de la finance dont le charisme a posé des RTT, à Léa Seydoux et même à 2h30 de pilotage automatique sans scénariste. Bref, il ne peut strictement rien lui arriver. Une immunité qui n’a pas droit de cité en Coupe du monde. Lors des éditions 1950, 1966, 2002, 2010 et 2014, le champion en titre a été éliminé dès le premier tour. On voyait mal cette malédiction s’abattre sur les épaules de la Mannschaft, d’une régularité effarante dans l’épreuve. On avait tort. Les vainqueurs 2014 ont été rayés de la carte avant la fin du générique. From Russia without Löw


République_de_Corée_Allemagne_27062018

RÉPUBLIQUE DE CORÉE 2-0 ALLEMAGNE / KIM 90’+3, SON 90’+6

Au coup d’envoi, la République de Corée aligne Lee Yong et Lee Jae-sung dans le couloir droit. Ce qui n’est pas sans rappeler la réponse de Thierry Roland à Jean-Michel Larqué qui lui faisait remarquer qu’il y avait 2 Lee sur le terrain lors d’un match amical face aux Bleus en 2002 : “c’est un grand appartement !

70% de possession, 719 passes, 26 tirs. Tout ça pour paumer 2-0 sur des buts signés Kim Young-gwon et Son Heung-min dans le temps additionnel. Pour Kim Son le glas ? Bah pour les Allemands, pardi ! Les trois coups de sifflet finaux de Mark Geiger ont mis un terme aux souffrances du jeune Werner. Le navire des huitièmes de finale a quitté le port, il laisse l’Allemagne sur les quais. C’était cousu de fil blanc en jouant à Kazan…


Mexique_Suède_27062018

MEXIQUE 0-3 SUÈDE / AUGUSTINSSON 50’, GRANQVIST (P) 62’, ÁLVAREZ (CSC) 74’

La chair est faible. Neuf des vingt-trois membres du contingent mexicain en Russie peuvent en témoigner. De fait, la Suède ne leur évoque pas tant le ballon rond qu’un festival de cannes interminables, de longues chevelures dorées assorties de regards azur. Du jaune et du bleu, ils en ont vu. Sur la tunique de Scandinaves qui les ont balayés, ramassés et placés dans le bac à recycler. Ce que l’on appelle communément faire le Tri, en somme.

Malgré cet impair, le Mexique se qualifie à la faveur du naufrage allemand. Schadenfreude.

GROUPE F

1. SUÈDE 6 (+3)
2. MEXIQUE 6 (-1)

3. RÉPUBLIQUE DE CORÉE 3 (0)
4. ALLEMAGNE 3 (-2)


Serbie_Brésil_27062018

SERBIE 0-2 BRÉSIL / PAULINHO 36’, SILVA 68’

Le 1er septembre 2013, Gareth Frank Bale devient le joueur le plus cher de l’histoire en rejoignant le Real Madrid CF contre la somme de 101M€. Le 6 juillet 2013, son ancien club, le Tottenham Hotspur FC, avait débauché José Paulo Bezerra Maciel Júnior, dit Paulinho, du SC Corinthians Paulista.

Le 3 août 2017, Neymar da Silva Santos Júnior devient le joueur le plus cher de l’histoire en rejoignant le Paris Saint-Germain FC contre la somme de 222M€. Le 14 août 2017, son ancien club, le FC Barcelone débauche José Paulo Bezerra Maciel Júnior, dit Paulinho, du Tottenham Hotspur FC.

Jamais 2 sans 3. Le 27 juin 2018, alors que le joueur le plus cher de l’histoire évalue la qualité de la pelouse en s’y roulant allègrement, sa sélection fait appel à Paulinho pour débloquer la situation sur un service millimétré de Coutinho.

Le JLPCDLH délivrera tout de même un corner clés en main à Thiago Silva pour sceller la victoire auriverde. On n’est jamais mieux Serbie que par son partenaire de club…


Suisse_Costa_Rica_27062018

SUISSE 2-2 COSTA RICA / DŽEMAILI 31’, WASTON 56’, DRMIĆ 88’, SOMMER (CSC) 90’+3

Le Costa Rica est surnommé la Suisse de l’Amérique centrale. Le dernier match du groupe E opposait donc la Suisse de l’Amérique centrale au Costa Rica d’Europe.

Serbie_Costa_Rica_27062018

Il existe une vanne sur la façon dont la maman des frangins Pogba différenciait ses fils. En leur mettant un ballon dans les pieds, elle savait lequel était Paul. S’ils se ressemblent physiquement, Florentin et Mathias n'ont en effet pas reçu autant de talent que leur frère cadet. Clément Turpin a bien mis un ballon dans les pieds des 22 acteurs, mais impossible de les départager à l’arrivée…

GROUPE E

1. BRÉSIL 7 (+4)
2. SUISSE 5 (+1)

3. SERBIE 3 (-2)
4. COSTA RICA 1 (-3)

À тантôт…

P.-S. – Le 27 juin, c’est la Saint-Fernande. On pense bien fort à elles…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #13 : “J’adore quand un plan se déroule sans la Cro…”

Générique. Un brancard occupé par un patient dont on n’aperçoit que les pieds traverse le couloir d’un hôpital. De part et d’autre du brancard, la trombine des acteurs principaux apparait alternativement. Un sample de funk rythme la progression jusqu’à l’immobilisation devant une paire de portes battantes. Un personnage plus âgé qui semble se déplacer sur coussin d’air investit le champ. Il brandit une radiographie sur laquelle deux os martèlent de façon régulière et répétée un logotype qui se déforme sous les multiples impacts. Ce logotype est constitué d’une unique lettre, la huitième de l’alphabet, qui se trouve être le titre du programme : H. De 1998 à 2002, en 4 saisons et 71 épisodes de 22 minutes, la sitcom hospitalière a gagné ses galons de série culte auprès d’une génération. Grâce à sa loufoquerie et son casting : Jamel Debbouze, Catherine Benguigui, Sophie Mounicot, Jean-Luc Bideau, Linda Hardy et le duo d’humoristes Éric et Ramzy. Au sein de l’établissement fictif Raymond-Poincaré de Trappes, Éric Judor incarnait un infirmier du service orthopédique mû par son tropisme prononcé pour la gent féminine et dont la maîtrise approximative de la langue de Shakespeare donnait lieu à d’innombrables bouffonneries sémantiques. Dès lors, quelle ironie d’avoir baptisé ce personnage Aymé Césaire ! L’échange de voyelle ne suffit pas à travestir l’hommage à l’autre Aime, né un 26 juin il y a longtemps. Écrivain, poète, dramaturge, essayiste, biographe, maire de Fort-de-France puis député de la Martinique, il a mené le combat culturel et politique sur plusieurs fronts, faisant retentir sa voix bien au-delà des limites de son île. On lui doit Cahier d’un retour au pays natal, union  de prose et de vers qu’il publia en 1939.
Un titre que pourraient lui emprunter les 3 formations issues des groupes C et D qui accompagneront le Pérou sous les coups de 21h50 ce mardi 26 juin 2018, après avoir noirci les dernières pages de leur carnet de voyage russe…


Australie_Pérou_26062018

AUSTRALIE 0-2 PÉROU / CARRILLO 18’, GUERRERO 50’

C’est la mer Noire ? Question pour un champion : après une courte défaite high-tech inaugurale et un match nul au goût amer, la station balnéaire bordée par la célèbre étendue d’eau allait-elle être le théâtre de la première victoire australienne face à un Pérou d’ores et déjà hors course ? Indice chez vous : deux est plus grand que zéro. La volée de Carrillo et la reprise heureuse de Guerrero en attestent : la Blanquirroja est bien moins clémente que Julien Lepers.


Danemark_France_26062018

DANEMARK 0-0 FRANCE

Ce 26 juin 2018 marque le cent quatre-vingt-deuxième anniversaire de la disparition de Claude Joseph Rouget dit de Lisle. Son tube de 1792 fut adopté comme hymne national en 1795. Il reste joué en préambule de chacun des matchs de l’équipe nationale et continue de faire recette malgré le décès de son auteur-compositeur. La preuve que Pascal Nègre n’a rien inventé.

À chaque fois que l’équipe de France a battu son homologue danoise en poule, elle a ensuite remporté la compétition. Ce fut le cas à Paris en 1984 (1-0, Platini), à Lyon en 1998 (2-1, Djorkaeff, Petit) et à Bruges en 2000 (0-3, Blanc, Henry, Wiltord). La mouture 2018 avait lieu à Moscou, au stade Loujniki, là même où se disputera la finale. Un signe ?

Un coup de canif dans la prophétie, plutôt. Une heure et demie insipide entre des Français maîtres des débats sans avoir mis en péril leur équilibre et des Danois refusant le jeu. Le spectateur aux abois, la caravane passe… Les Bleus éviteront la Croatie, épouvantail du premier tour. La Danish Dynamite – plus proche du pétard mouillé –, elle, n’évitera pas Frédéric Lopez. L’animateur l’emmènera pour un Rendez-vous en terre inconnue exceptionnel dans la moitié de terrain adverse…

GROUPE C

1. FRANCE 7 (+2)
2. DANEMARK 5 (+1)

3. PÉROU 3 (0)
4. AUSTRALIE 0 (-3)


Nigéria_Argentine_26062018

NIGÉRIA 1-2 ARGENTINE / MESSI 14’, MOSES (P) 51’, ROJO 86’

Cometh the hour, cometh the man. Le vingt-sixième jour, Messi contrôla l’offrande de Banega de la cuisse gauche, s’emmena le ballon du même pied et marqua d’un tir croisé. Et Messi vit que cela était bon. Par la suite, Moses pensa un temps conduire son peuple vers le prochain tour. C’était sans compter sur la volée gagnante de Rojo. Si la mer Rouge s’était écartée, le père Rojo est moins commode. C’est la fin de l’histoire, le rouge après le noir


Islande_Croatie_26062018

ISLANDE 1-2 CROATIE / BADELJ 53’, SIGURÐSSON (P) 76’, PERIŠIĆ 90’

Pour l’Islande, c’est l’heure du clap  clap  clap  clap clap clap clapclapclap de fin. Premier Mondial plus qu’honnête dans un groupe délicat. Pas de qualification mais la certitude d’être la sélection la plus classe du monde ou pas loin. On s’revoit vite ?

GROUPE D

1. CROATIE 9 (+6)
2. ARGENTINE 4 (-2)

3. NIGÉRIA 3 (-1)
4. ISLANDE 1 (-3)

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #12 : “Walk (off) like an Egyptian…”

Il y a 30 ans jour pour jour, le 25 juin 1988, les Pays-Bas affrontaient l’Union Soviétique en finale du Championnat d’Europe des Nations. Deux semaines plus tôt, c’était déjà l’affiche du premier match du groupe 2. Les Soviétiques l’avaient emporté sur la plus petite des marges. Ce samedi après-midi, l’histoire est tout autre. Les Néerlandais se présentent après avoir écarté l’Allemagne de l’Ouest – pays organisateur – in extremis en demi-finale. Parallèlement, 4 minutes ont suffi aux Soviétiques pour se défaire de l’Italie. À la demi-heure, Ruud Gullit a smashé sa tête sous la transversale de Rinat Dasaev. Rien d’autre n’a été marqué depuis. Le latéral Adri van Tiggelen profite d’un ballon mal contrôlé par un adversaire pour en récupérer la possession. Il file en contre à grandes enjambées et décale Arnold Mühren sur la gauche. Le milieu centre haut et loin vers le second poteau. À la réception, un joueur, maillot floqué du numéro 12 sur le dos, calque des pas d’ajustement sur la descente de la sphère. Les solutions s’offrant à lui sont nombreuses : contrôler puis défier son vis-à-vis, servir un de ses partenaires en retrait, simuler un contact pour abuser l’arbitre français M. Vautrot, tenter un extérieur farfelu au risque d’atteindre l’Isar, la rivière qui arrose Munich… Mais le joueur en question n’est ni Neymar, ni Clinton Njie. L’option retenue est la moins évidente : la reprise de volée. À la limite de la surface de réparation, excentré, en angle fermé, tellement fermé que tu peux ranger ton rapporteur Maped au fond de ton cartable… Le geste est pur, l’équilibre parfait, la trajectoire improbable. Le Tango Europa passe au-dessus du gant droit de Dasaev, venu protéger son poteau, et son cuir pleine fleur redescend aussi sec fouetter le petit filet opposé, accompagné par la clameur du stade olympique. Sur le banc, le sélectionneur Rinus Michels, incrédule, se tient le front, abasourdi par l’audace de son buteur. Un buteur qui longe la ligne de touche au pas de course, levant alternativement le bras droit puis le gauche, un sourire de gosse étalé sur le visage. Il a 23 ans, la nuque longue et dans quelques mois il remportera le premier de ses 3 Ballons d’Or. Il s’appelle Marco van Basten. Il tirera sa révérence à l’été 1995, plus de 2 ans après sa dernière apparition professionnelle… au stade olympique de Munich.
13 jours après cette finale de l’Euro 88, l’enceinte bavaroise a accueilli le 65è concert du Bad World Tour de Michael Joseph Jackson. Aujourd’hui 25 juin 2018, cela fait 9 ans que l’homme sans âge est condamné à avoir toujours le même…

C’est également un 25 juin, en 1924, que les services de la ville de Philadelphie ont enregistré la naissance de Sidney Lumet. Grand réalisateur américain, on lui doit notamment le classique absolu Douze hommes en colère.

Si la situation est déjà réglée dans la poule A, le groupe B doit encore livrer son Verdict et révéler qui accompagnera Égyptiens et Saoudiens en salle d’embarquement, qui seront les 46 hommes en colère.


Uruguay_Russie_25062018
URUGUAY 3-0 RUSSIE
/ SUÁREZ 10’, CHERYSHEV (CSC) 23’, CAVANI 90’

En 2010, la Celeste avait déjà été opposée au pays organisateur en phase de groupes. Sans pitié, elle avait étrillé son hôte sud-africain 3 à 0. En 2018, elle récidive sur le même score, en ayant néanmoins la délicatesse de laisser Cheryshev marquer, lui qui a visiblement décidé d’inscrire tous les buts de la compétition. L’Uruguayen, c’est le genre de mec qui prend au pied de la lettre le “fais comme chez toi”…


Arabie_Saoudite_Égypte_25062018

ARABIE SAOUDITE 2-1 ÉGYPTE / SALAH 22’, AL-FARAJ 45’+6, AL-DAWSARI 90’+5

Titularisé dans la cage par son sélectionneur, Essam El-Hadary est devenu le joueur le plus âgé à disputer une rencontre de Coupe du monde. Par la même occasion, il est devenu le joueur le plus âgé à détourner un penalty en Coupe du monde, bien qu’il n’ait pu éviter à son équipe de s’incliner. 3 matchs, 3 défaites. Salah fout mal pour l’équipe la plus titrée du continent africain. Ceci dit, les 2 buts ont été inscrits à l’extrémité du temps additionnel de chaque mi-temps ; un temps additionnel XXL digne des plus grandes rencontres où le PSG est mené au score. Donc pour les mecs partis à la buvette et ayant quitté le stade pour contourner les difficultés de circulation, l’Égypte a gagné 1-0…

GROUPE A

1. URUGUAY 9 (+5)
2. RUSSIE 6 (+4)

3. ARABIE SAOUDITE 3 (-5)
4. ÉGYPTE 0 (-4)


Espagne_Maroc_25062018

ESPAGNE 2-2 MAROC / BOUTAÏB 14’, ISCO 19’, EN-NESYRI 81’, ASPAS 90+1’

À la vingt-cinquième minute de la partie, Khalid Boutaïb est allé défier David de Gea, bien lancé par une longue touche d’Hakim Ziyech. Sa frappe a été repoussée de la cuisse par le portier espagnol. Cette action pourrait sembler anodine si ce n’était pas, à ce jour, l’unique arrêt du tournoi réalisé par le Mancunien. Autrement, la largeur du détroit de Gibraltar séparant le Maroc de l’Espagne est de 14,4km, soit exactement la distance entre Gerard Piqué et Sergio Ramos. Fort heureusement, c’était la soirée d’Isco et d’Aspas, auteur d’une superbe égalisation qui permet à l’Espagne de conserver sa première place. Aspas crème…


Iran_Portugal_25062018

IRAN 1-1 PORTUGAL / QUARESMA 45’, ANSARIFARD (P) 90+3’

Le tirage au sort a désigné le Portugal comme équipe évoluant à l’extérieur pour ce match. Devinez qui a sauté de joie sur le lit de sa chambre d’hôtel ? Eh oui ! Ricardo Quaresma, auteur d’une somptueuse ouverture du score… de l’extérieur du pied. Son 250è but de cette surface du pied sur 109 inscrits en carrière. À la cinquante-troisième, Alireza Beiranvand, le gamin au parcours atypique passé par les rues de Téhéran, a mis en échec CR7 sur penalty comme Léa Seydoux, passée par l’école de la vie, avait mis en échec 007. Malgré un ultime frisson, la Selecção assure sa qualification. Sur un score nul et vierge pour la #TeamBuvette…

GROUPE B

1. ESPAGNE 5 (+1)
2. PORTUGAL 5 (+1)

3. IRAN 4 (0)
4. MAROC 1 (-2)

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #11 : “Le tailleur de Panama…”

Dis donc, ton peuple, ton peuple, t’es quand même grecque au départ, alors comme Égyptienne de souche, j’ai vu mieux, excuse-moi…” D’aucuns se souviennent de la séquence d’ouverture d’Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre. Une scène de ménage entre Cléopâtre, incarnée par Monica Bellucci, et Jules César, campé par Alain Chabat, à propos de la grandeur du peuple égyptien. Excédée par les moqueries de son amant, elle brise méthodiquement le mobilier pour ponctuer sa fureur. Surpris par une telle colère, César lui rappelle que bien que reine d’Égypte, elle n’en demeure pas moins d’ascendance grecque. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le – proverbial, les autres sont cassés – vase et déclenche le pari qui sera au cœur de l’intrigue principale.
À l’image de la souveraine antique et malgré son nom, le panama est originaire d’Équateur. Chapeau fait de fibres végétales (jeunes pousses de palmiers), il fut popularisé par les ouvriers du grand canal de Panama qui le portaient pour se protéger du soleil et le baptisèrent “Panama hat”. Il est pourtant bel et bien tissé dans le pays d’Amérique du Sud.
Lorsque la sélection panaméenne s’est qualifiée pour la toute première Coupe du monde de son histoire, on espérait que l’un de ses joueurs ou, à défaut, l’un de leurs adversaires, inscrirait trois buts consécutifs, sans qu’un coéquipier ou opposant ne marque entre-temps. Une performance plus connue sous le nom de… coup du chapeau.
Ce dimanche 24 juin, la Société Nationale des Calembouristes Français (SNCF) a failli être récompensée. Hélas, entre les 3 réalisations d’Harry Kane, John Stones et Jesse Lingard sont venus se glisser au tableau d’affichage. Un défenseur central et un mec qui célèbre ses buts en faisant le signe de Jul… Le reste de la journée a gardé le cap de cette prolifique lancée. Si Japonais et Sénégalais ne sont pas parvenus à se départager, la Colombie, elle, a éliminé la Pologne sans faire de détail. Pour Lewandowski et sa bande, c’est le bonnet d’âne. Encore une histoire de couvre-chef…


Angleterre_Panama_24062018

ANGLETERRE 6-1 PANAMA / STONES 8’, 40’,  KANE (P) 22’, (P) 45’+1, 62’, LINGARD 36’, BALOY 78’

Le tailleur du titre du roman de John le Carré est ici à prendre au sens de tailler en pièces. C’est la tâche qui a occupé d’impitoyables Three Lions cet après-midi. Pour le Panama, les chiffres sont terribles : 3 buts encaissés contre la Belgique, 6 contre l’Angleterre. On connaîtra bientôt la nature de la progression, arithmétique ou géométrique.

8’ : corner sortant de Kieran Trippier qui trouve John Stones esseulé au point de penalty. Le défenseur n’a même pas à sauter pour ajuster son coup de tête. (1-0)

20’ : Trippier trouve Jesse Lingard d’une passe lobée dans la surface. Après un contrôle orienté de la poitrine, il est balancé par Fidel Escobar. Bordel, le mec a le prénom de Castro et le nom d’un baron de la drogue. Rien que pour ça, c’est péno minimum... Harry Kane le transforme. (2-0)

36’ : Lingard sollicite un une-deux avec Raheem Sterling. Il récupère le ballon à l’entrée de la demi-lune et dégaine en un éclair une somptueuse frappe enroulée qui file se loger tout proche de la lucarne. Jesse James. (3-0)

40’ : coup franc axial de Trippier pour Jordan Henderson. Le capitaine des Reds renverse vers le second poteau et le crâne de Kane qui remise à Sterling. La reprise de la tête du numéro 10 est repoussée par Jaime Penedo. Stones n’a plus qu’à conclure de près. Tête-à-tête-à-tête. Doublé pour Stones. One bird, two Stones. (4-0)

45’+1 : nouveau corner de Trippier. Ceinturé et frappé derrière la tête par Aníbal (!) Godoy, Kane se retrouve à plat ventre dans le rectangle. Au judo, ça ne marque pas. Au foot, c’est péno. Doublé pour Kane, copie conforme du premier. Le chéquier vient d’effectuer un salto arrière dans le tiroir de Décines. (5-0)

62’ : Ruben Loftus-Cheek repique dans l’axe pour tenter sa chance. Sa frappe est déviée involontairement par les talons de Kane et prend le portier panaméen à contre-pied. Harry Kane, c’est comme Loris Karius, il suffit de lui tirer dessus pour marquer. (6-0, première manche)

78’ : coup franc lointain excentré sur le côté gauche pour les Canaleros. Ricardo Ávila le botte. À hauteur du point de penalty, Felipe Baloy se jette en taclant pour reprendre le ballon de demi-volée et battre Jordan Pickford dans le soupirail. C’est le premier but panaméen en Coupe du monde et bien qu’anecdotique dans le scénario du match, il est fêté comme l’événement historique qu’il constitue. (6-1)

Toute la beauté du sport est là : célébrer une réduction de l’écart de 6-0 à 6-1 comme si c’était une finale de Coupe de la Ligue.

L’Angleterre est qualifiée, le Panama éliminé. C’est quand même ballot, à 5 buts près, ils faisaient match nul…


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JAPON 2-2 SÉNÉGAL / MANÉ 11’, INUI 34’, WAGUÉ 71’, HONDA 78’

Il y a des connexions qui ne meurent jamais. Celles de Châtelet-les-Halles n’en font pas partie, c’est l’usager qui meurt avant de les trouver. À son arrivée en Europe, Sadio Mané, l’attaquant vedette de la sélection sénégalaise, a posé ses valises à Metz. Formé à l’Académie Génération Foot, incubateur du FC Metz, il a débarqué en Lorraine en 2010. Eiji Kawashima est le gardien de but titulaire de la sélection japonaise. Il a rejoint l’Europe en 2010. Après 6 saisons passés entre la Belgique et l’Écosse, il a signé en France en août 2016… au FC Metz.

Dès la onzième minute, un centre de Moussa Wagué est mal négocié par Genki Haraguchi. Son dégagement de la tête atterrit dans les pieds de Youssouf Sabaly. Le Girondin contrôle, frappe et trouve les poings d’Eiji Kawashima. Les poings d’Eiji Kawashima trouvent les genoux de Sadio Mané. Les genoux de Sadio Mané trouvent la cage japonaise. (0-1)

Sans avoir jamais évolué ensemble sous le maillot grenat, Kawashima et Mané se trouvent les poings fermés. Ce genre de complicité dans un couple…

À la trente-quatrième, Gaku Shibasaki lance Yūto Nagatomo depuis son camp d’une sensationnelle diagonale. Nagatomo se débarrasse de ses vis-à-vis en manquant son contrôle*, donne involontairement à Takashi Inui qui trouve le petit filet d’un tir délicieusement enroulé. (1-1)

* Note aux jeunes collégiens : rater un contrôle n’est pas le meilleur moyen de se débarrasser de ses parents.

Inui beaucoup à la santé de l’arrière-garde sénégalaise. On le retrouve de l’autre côté de l’heure de jeu, à la réception d’une talonnade inspirée de Yuya Osako. Il ouvre à nouveau le pied, en quête de la lucarne opposée. Malheureusement pour lui, son enroulé vient heurter le sommet de la barre transversale.

Les Lions de la Teranga s’en sortent bien. Très bien, même, puisque quelques instants plus tard, Sabaly travaille dans la surface, ose une roulette et centre devant le but. M’Baye Niang ne parvient qu’à légèrement dévier la course du ballon qui file jusqu’à Wagué. À 19 ans et 8 mois, le latéral rejoint le club des ados buteurs en le catapultant hors de portée de Kawajima. (1-2)

À la soixante-dix-huitième, Osako centre vers le second poteau. Khadim N’Diaye est aux fraises, sa sortie rendue caduque par l’intervention de Salif Sané. Inui hérite du ballon à la limite de la ligne de sortie, remet instantanément en retrait pour Honda qui marque du gauche. (2-2)

Les Samurai Blue ont douté 7 minutes.  Speed dating < speed equalizing.


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POLOGNE 0-3 COLOMBIE / MINA 40’, FALCAO 70’, CUADRADO 75’

Une tête de Yerry Fernando Mina González, un extérieur de Radamel Falcao García Zárate et un intérieur de Juan Guillermo Cuadrado Bello ont suffi à renvoyer Wojciech Szczęsny, Grzegorz Krychowiak et leurs partenaires à leurs chères études. La Team état civil à rallonge colombienne a disposé de la Team patronymes mot compte triple polonaise.

L’aventure s’arrête là pour la Pologne. Pour éviter l’excédent de bagages à l’aéroport, on leur conseille de ne pas s’encombrer de cette vodka frelatée qui ne titre pas plus qu’un café certes corsé…

À тантôт…

Cahier de Mondial 2018 – Entrée #10 : “Blue Suède Lose…”

Chères amies, chers amis, comme il est de coutume en pareille occasion, permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une bonne et heureuse année ! Eh oui, les plus attentifs d’entre vous l’auront remarqué : aujourd’hui, samedi 23 juin 2018, nous sommes le premier de l’an 46 après ZZ. Voilà bientôt 12 interminables printemps que notre Sauveur nous a laissés orphelins de ses sombreros, roulettes et autres râteaux. 12 printemps qu’il détenait le record de la naturalisation la plus rapide – battu depuis par Mamoudou Gassama –, fort de la toute petite heure et demie qui lui avait été nécessaire à l’obtention d’un passeport brésilien… Signant l’une de ses performances les plus abouties sous le maillot bleu, il avait notamment délivré l’unique passe décisive de 9 années de service commun à Thierry Henry.
Repu de cette galette, le meilleur buteur de l’équipe de France a mis les voiles outre-Quiévrain – il a pris le Thalys, quoi – pour devenir en 44 après ZZ le deuxième adjoint du sélectionneur national Roberto Martínez. Un duo qui se retrouvait aux prises avec la Tunisie cet après-midi dans l’optique de valider son large succès inaugural.
Dans la deuxième affiche de la journée, le Mexique a tranquillement disposé de la République de Corée tandis que la soirée s’est conclue par un bijou de Toni Kroos, le milieu allemand qui, il y a encore quelques semaines, était entrainé par qui vous savez…


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BELGIQUE 5-2 TUNISIE / HAZARD (P) 6’, 51’, LUKAKU 16’, 45’+3, BRONN 18’, BATSHUAYI 90’, KHAZRI 90’+3

J’étais en villégiature dans le Gard ce samedi-là, venu présenter mes hommages à Monsieur Ennio Morricone, un autre chef d’orchestre dégarni qui fait lever les foules. La tournée d’adieu du Maestro passait par les arènes de Nîmes, alors je suis passé par là où passait la tournée d’adieu. Question hébergement, j’avais choisi de faire confiance à une enseigne au nom d’échassier. C’est pourtant moi qui me suis retrouvé le bec dans l’eau en constatant que le réseau diffusant le match ne faisait pas partie du bouquet proposé par l’hôtel. Je me suis donc rabattu sur la chaîne L’Équipe, anciennement L’Équipe TV (1998-2012) puis L’Équipe 21 (2012-2016). Cela fait quasiment plus d’appellations différentes que de consultants pertinents y exerçant.

Bref, le canal 21 proposait un palliatif assez particulier : le match, sans les images, commenté en direct par Candice Rolland, chef d’édition et Stéphane Pauwels, chroniqueur. Pour situer, Stéphane Pauwels c’est peu ou prou la caricature du ressortissant du plat pays (qui est le sien), la truculence surjouée, le trait tellement forcé que même son accent belge a l’accent belge. GO au Club Med, dirigeant de football, animateur de télévision… La trajectoire est familière outre-outre-Quiévrain. L’avantage pour Pauwels, c’est que la Belgique ne compte que 11 millions d’habitants, ça fait moins de monde à bloquer sur Twitter…

But. But. But. But. Mi-temps. But. But. But. Fin du match. Pour ceux qui n’ont pas pris Arsène Wenger LV2 au collège, je vous propose une version davantage intelligible.

6’ : Syam Ben Youssef déséquilibre Eden Hazard à l’extrémité de la surface de réparation. Comme le Hazard fait bien les choses, il transforme lui-même le penalty obtenu. (1-0)

16’ : Dries Mertens pique le ballon dans les pieds tunisiens, avance et décale Romelu Lukaku sur sa gauche. La frappe croisée du Mancunien fait mouche. (2-0)

18’ : coup franc excentré côté gauche pour Wahbi Khazri. C’est enroulé vers le point de penalty pour la tête piquée décroisée de Dylan Bronn. Poli, Courtois est un peu fort battu. (2-1)

45’+3 : Kevin De Bruyne trouve Thomas Meunier dans l’axe. Le latéral temporise avant de servir Lukaku dans le dos de la défense. Le numéro 9 s’en va inscrire son doublé d’une balle piquée au-dessus de Farouk Ben Mustapha. (3-1)

51’ : superbe ouverture de Toby Alderweireld à destination d’Hazard. Contrôle poitrine, pichenette pour éliminer le gardien, conclusion du gauche… Eden est dans son jardin. (4-1)

Belgique_Tunisie_23062018

90’ : Youri Tielemans pour la demi-volée taclée de Michy Batshuayi qui parachève le succès belge. (5-1)

90’+3 : Fakhreddine Ben Youssef lance Hamdi Naguez côté droit. Son centre trouve Khazri qui réduit l’écart d’une splendide (non) reprise écrasée en pivot. Poli, Courtois est un peu fort battu. (5-2)

Si ça plane pour les Diables Rouges, les Aigles de Carthage, eux, ont les ailes qui touchent la piste. Pas comme l’avion qui va bientôt les rapatrier…


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RÉPUBLIQUE DE CORÉE 1-2 MEXIQUE / VELA (P) 26’, HERNÁNDEZ 66’, SON 90’+3

Si vous n’avez pas pris ex-entraîneur d’Arsenal volubile en LV2, peut-être avez-vous étudié l’espagnol ? Dans ce cas, vous savez sans doute que bougie se dit vela dans la langue d’Enrique Iglesias. Si vous ne le saviez pas, vous le savez désormais, ce qui vous empêche de l’ignorer. C’est donc tout naturellement que Carlos Vela a allumé la mèche, des 11 mètres. LA LUMIÈRE EST VENUE DE CHARLES BOUGIE !

Son partenaire, Javier Hernández Balcázar, a accru l’avance des siens après l’heure de jeu ; un but qui ne doit rien au hasard, Balcázar ! Profitant d’une faute non signalée d’Héctor Herrera, Andrés Guardado récupère le ballon dans sa moitié de terrain et le transmet aussitôt à Hirving Lozano. L’ailier du PSV se met dans le sens du jeu, accélère, dépose Lee Jae-Sung avant de décaler admirablement Hernández. Le numéro 14 évite le tacle désespéré du dernier défenseur sur sa prise de balle pour battre ensuite le portier d’une frappe topée au premier poteau. Hernández n’est pas né que pour être en vie, il est aussi né pour marquer des buts…

Son Heung-Min trou(v)era les filets de Guillermo Ochoa d’un magnifique tir du gauche au bout du temps additionnel, mais c’est bien trop tard. Au bord du précipice, la République de Corée enregistre son deuxième revers de rang. Les lumières sont coupées, il reste encore le Son. Pour le moment…


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ALLEMAGNE 2-1 SUÈDE / TOIVONEN 32’, REUS 48’, KROOS 90’+5

Le premier point chaud a lieu tôt dans la partie. Pressé par Ola Toivonen, Antonio Rüdiger  manque sa relance. Viktor Claesson se jette pour intercepter et lancer Marcus Berg dans la profondeur. L’attaquant d’Al-Ain perd son duel face à Manuel Neuer, bien aidé par une intervention illicite de Jérôme Boateng. La patrouille ne bronche pas. L’assistant vidéo qui officie ce soir est Clément Turpin. Ceci n’est pas une vanne.

23 matchs, 8 en tant que titulaires, 798 minutes, 19 tirs, 5 cadrés, 0 but, 0 passe décisive. C’est le bilan de la saison 2017-2018 en Ligue 1 d’Ola Toivonen sous les couleurs du Toulouse Football Club. Dire que ce bilan est famélique serait nettement exagéré : avec 0 but, il n’est qu’à 6 unités du meilleur réalisateur toulousain.

À la 32è, Claesson centre depuis l’aile droite pour Toivonen. D’un contrôle orienté, le numéro 20 s’emmène le ballon, résiste au retour de Rüdiger pour lober le mètre quatre-vingt-treize de Neuer tout en touché. (0-1)

Incroyable, un attaquant resté muet si longtemps ouvre son compteur dans un match décisif de Coupe du monde, face au champion en titre qui plus est ! Imaginez un type qui passerait 2 ans à un poste de ministre dans un gouvernement jugé en échec complet, le quitterait, se présenterait aux élections présidentielles et serait élu avec plus de 60% des voix moins d’un an plus tard. HAHAHA, n’importe quoi…

La Suède rentre au vestiaire avec ce but d’avance.

Pour la petite histoire, les 2 dernières confrontations entre ces 2 nations ont versé allègrement dans la pyrotechnie. À l’occasion des éliminatoires du précédent Mondial, Allemands et Suédois s’étaient quittés sur un score de parité 4-4 le 16 octobre 2012 à Berlin, la Mannschaft s’adjugeant la manche retour 5-3 le 15 octobre 2013 à Solna. Coïncidence : l’équipe menant au score à la mi-temps avait encaissé un 4-1 pendant le second acte. Alors, två gånger repetitiva ? (Ça veut dire bis repetita en Google Trad Ikea.)

Lorsque Marco Reus égalise trois minutes après le retour sur la pelouse, on se dit que la prophétie est à nouveau en bonne passe de se réaliser. (1-1) Cependant, plus rien ne sera marqué jusqu’à la cinquième minute du temps additionnel. Moment où Jimmy Durmaz, un autre Toulousain, commet une faute à l’entrée de la surface. Les Allemands décident de le jouer à deux : Toni Kroos donne à Reus qui lui bloque le ballon. Le milieu de terrain du Real Madrid enroule un bijou de frappe qui achève sa course dans le petit filet opposé. (2-1)

La prochaine fois que vous galérerez avec vos meubles, dites-vous que Toni Kroos a démonté la Suède sans notice.

À тантôт…